16 mars 2012

Goma, le viol entre enfants : qui viole qui !

Dans la justice pour enfants en RDC, les familles des enfants garçons sont mecontents ! La raison en est que, la loi n° 06/018 du 20 juillet 2006 sur les violences sexuelles serait, selon eux, mal interprétée, leurs enfants « garçons » en sont victimes !
Environ 50% des enfants en conflit avec la loi déférés devant le Tribunal pour Enfants (TPE) de Goma sont accusés de viol par la famille de la victime. Viennent ensuite principalement les cas de vols (environ 27%), de coups et blessures, d’attentats à la pudeur, de vagabondages et d’assassinats.
Qu’est-ce qu’un viol entre mineurs ?
Selon la loi du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant, toute relation sexuelle entre mineurs, qu’elle soit forcée ou consentante entre les deux parties, est un viol.Ainsi, sur les 50% de cas de viols répertoriés au niveau du TPE, seulement une petite partie d’entre eux correspondent à des violences sexuelles forcées entre les deux parties.
Qui est la victime de l’autre ?
En cas de consentement des deux enfants, quel enfant est victime de l’autre ? Généralement, c’est la famille de la fille qui porte plainte contre le garçon (et non l’inverse) car elle s’estime victime des actes du garçon. Ceci s’explique parfois par le fait que le garçon est plus âgé que la fille et/ou car cette dernière a été engrossée du fait de la relation sexuelle.
Par ailleurs, l’aspect culturel joue un rôle primordial ici. Dans la culture congolaise, la virginité d’une fille a beaucoup de valeur. Surtout dans les territoires, un garçon qui enlève la virginité à une fille est perçu comme un violeur et souvent doit lui verser la dot en guise de réparation.
Cependant, quand la fille a également consenti à l’acte sexuel,il peut sembler illogique que ce soit systématiquement elle qui porte plainte et que par conséquent, ce soit le garçon qui soit reconnu coupable.
Depuis 2009 et l’entrée en vigueur de la loi de protection de l’enfant, certaines familles n’hésitent pas à porter plainte contre un garçon seulement car elles soupçonnent que leur fille entretient des relations sexuelles avec lui, dans le seul but de toucher les dommages et intérêts en guise de réparation au préjudice subi, qui s’élèvent en général à 200 dollars américains.
Loi et la coutume
Beaucoup de cas de viols ont pour origine l’ignorance de la loi, loi qui n’est pas
toujours adaptée aux réalités sociales et aux coutumes. Dans le territoire de Rutshuru par exemple, dès qu’ils possèdent un champ pour travailler, les garçons sont considérés comme des adultes dans leur coutume, ils entretiennent des relations sexuelles avec leur fiancée mineure et se marient très tôt. Ces enfants qui sont déférés devant le TPE pour viol comprennent difficilement la valeur répréhensible de leur acte. Ainsi, la sensibilisation sur la loi de protection de l’enfant de 2009 doit continuer pour que les mineurs, notamment les garçons, soient conscients de la loi, de leurs droits et interdictions et qu’ils ne deviennent pas des enfants en conflit avec la loi.

Caroline Thurel
Bénévole

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