31 mars 2012

RDC : Children’s Voice fête ses 8 ans au service de la communauté à l’Est du pays.

Initiée en 2002, Children’s Voice a été légalement fondée en janvier 2004. A son
Assemblée Générale tenue à Goma ce 25 mars 2012, il a présenté ses activités à la population, à ses membres, à ses partenaires, aux enfants et femmes bénéficiaires et aux autorités de la province du Nord Kivu. Il travaille sur 4 provinces de l’Est du pays.
« Huit ans après, c’est le moment de nous arrêter, de nous évaluer et de réfléchir sur de nouvelles stratégies à prendre pour affronter de nouveaux défis et répondre beaucoup plus à notre engagement qui est d’améliorer les conditions de vie des enfants et des femmes vulnérables de la RDC. C’est grâce à votre soutien que nous avons pu sauver de milliers d’enfants et de femmes en situation précaire pendant ces 8 ans, c’est avec vous, que nous ferons plus et répondrons aux besoins de la communauté qui attend encore », tel a été le message du responsable de l’organisation.
Après des chants, des danses et des jeux des enfants, Children’s Voice a fait une synthèse des activités réalisées au courant de l’année 2011 et ses perspectives d’avenir.
Ensuite les autorités et les partenaires se sont dirigés vers les 12 stands installés en représentation de grandes activités dans l’enclos de l’un des ses centres d’encadrement des enfants :
Stand 1 : classe de rattrapage scolaire cycle primaire,
Stand 2 : classe de rattrapage scolaire cycle secondaire,
Stand 3 : classe d’alphabétisation,
Stand 4 : Séance d’appui psychosocial,
Stand 5 : Service médical,
Stand 6 : atelier de formation en couture et broderie,
Stand 7 : atelier de formation en salon de coiffure,
Stand 8 : atelier de formation en mécanique,
Stand 9 : atelier de formation en menuiserie,
Stand 10 : Boulangerie,
Stand 11 : Matériels et outils de sensibilisation communautaire et de promotion de droits de l’enfant et de la femme,
Stand 12 : Activités génératrices de revenu des filles et celles des femmes.
Dans son mot, le Maire de Goma qui a représenté le Gouverneur de la province du Nord Kivu en déplacement, a loué les réalisations de Children’s Voice et a ajouté : « Cette organisation fait un grand travail qui devait, pourtant, été fait par le gouvernement ».
Les leaders communautaires, les bénéficiaires et les partenaires ont témoigné leur satisfaction dans l’engagement et les œuvres de cette organisation congolaise. Jeux, pas de danse, accrobatie et chants des enfants ont ete exibés.
Un cocktail offert aux enfants par le FPU de la Monusco, a clôturé la journée en beauté.
A la fin de la visite des stands, les enfants formés en différents métier, ont remis un cadeau, production de leur travail, au représentant du Gouverneur de la province.
26 mars 2012
La coordination

Le rapport annuel 2011 va etre amendé et posté.

Quelques photos de la manifestation

16 mars 2012

Goma, le viol entre enfants : qui viole qui !

Dans la justice pour enfants en RDC, les familles des enfants garçons sont mecontents ! La raison en est que, la loi n° 06/018 du 20 juillet 2006 sur les violences sexuelles serait, selon eux, mal interprétée, leurs enfants « garçons » en sont victimes !
Environ 50% des enfants en conflit avec la loi déférés devant le Tribunal pour Enfants (TPE) de Goma sont accusés de viol par la famille de la victime. Viennent ensuite principalement les cas de vols (environ 27%), de coups et blessures, d’attentats à la pudeur, de vagabondages et d’assassinats.
Qu’est-ce qu’un viol entre mineurs ?
Selon la loi du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant, toute relation sexuelle entre mineurs, qu’elle soit forcée ou consentante entre les deux parties, est un viol.Ainsi, sur les 50% de cas de viols répertoriés au niveau du TPE, seulement une petite partie d’entre eux correspondent à des violences sexuelles forcées entre les deux parties.
Qui est la victime de l’autre ?
En cas de consentement des deux enfants, quel enfant est victime de l’autre ? Généralement, c’est la famille de la fille qui porte plainte contre le garçon (et non l’inverse) car elle s’estime victime des actes du garçon. Ceci s’explique parfois par le fait que le garçon est plus âgé que la fille et/ou car cette dernière a été engrossée du fait de la relation sexuelle.
Par ailleurs, l’aspect culturel joue un rôle primordial ici. Dans la culture congolaise, la virginité d’une fille a beaucoup de valeur. Surtout dans les territoires, un garçon qui enlève la virginité à une fille est perçu comme un violeur et souvent doit lui verser la dot en guise de réparation.
Cependant, quand la fille a également consenti à l’acte sexuel,il peut sembler illogique que ce soit systématiquement elle qui porte plainte et que par conséquent, ce soit le garçon qui soit reconnu coupable.
Depuis 2009 et l’entrée en vigueur de la loi de protection de l’enfant, certaines familles n’hésitent pas à porter plainte contre un garçon seulement car elles soupçonnent que leur fille entretient des relations sexuelles avec lui, dans le seul but de toucher les dommages et intérêts en guise de réparation au préjudice subi, qui s’élèvent en général à 200 dollars américains.
Loi et la coutume
Beaucoup de cas de viols ont pour origine l’ignorance de la loi, loi qui n’est pas
toujours adaptée aux réalités sociales et aux coutumes. Dans le territoire de Rutshuru par exemple, dès qu’ils possèdent un champ pour travailler, les garçons sont considérés comme des adultes dans leur coutume, ils entretiennent des relations sexuelles avec leur fiancée mineure et se marient très tôt. Ces enfants qui sont déférés devant le TPE pour viol comprennent difficilement la valeur répréhensible de leur acte. Ainsi, la sensibilisation sur la loi de protection de l’enfant de 2009 doit continuer pour que les mineurs, notamment les garçons, soient conscients de la loi, de leurs droits et interdictions et qu’ils ne deviennent pas des enfants en conflit avec la loi.

Caroline Thurel
Bénévole

Children’s Voice, Goma, RDC - http://children-voice.org « Protéger l’enfant à tout prix »