18 février 2012

Levons-nous contre le recrutement des enfants dans des forces et groupes armés !

Tel a été le message à l’occasion de la Journée Internationale des enfants soldats célébrée le 12 février par laquelle l’ONG Children’s Voice a encouragé la communauté à continuer à se battre contre l’enrôlement des enfants dans les forces et groupes armés et à faciliter la réinsertion des ex-enfants soldats de retour chez eux.


Children’s Voice, en tant qu’activiste des droits de l’enfant depuis 10 ans, a célébré cette journée avec 60 enfants de 12 à 17 ans venus de ces deux centres d’encadrement, Bujovu et Virunga. Parmi eux, quatre anciens enfants soldats qui ont courageusement fait part de leur expérience. A travers les différentes activités menées par les enfants : table ronde, concours de dessin, micro-baladeur, ils ont pu donner leur opinion sur ce que signifie pour eux être enfant soldat, tout en étant sensibilisés sur les méfaits d’une telle pratique et le besoin essentiel pour l’ex enfant soldat d’être bien accueilli par sa communauté, sa famille, ses amis.

Témoignages des ex-enfants soldats face aux souffrances subies
« Nous avons été battus, torturés, blessés sans médicaments, on utilisait parfois des médicaments traditionnels au hasard », s’exclame un ex-enfant soldat, Gislain, devant l’auditoire de la table ronde organisée dans la salle Janusz Korczak au Centre Virunga de Children’s Voice.
Un autre ex-enfant soldat s’exprime à son tour : « Personne ne peut supporter nos caprices car n’étant pas nos parents, ils nous laissent sous la pluie pendant que nous montons la garde. »
Les enfants soldats souffrent beaucoup, ils sont tabassés, fouettés, violés, exploiter physiquement et sexuellement, exposés à beaucoup de risques dont les maladies, la malnutrition, le froid, les troubles psychologiques du fait des morts et du sang qu’il voit coulé. Ils ont vécu la violence.
« On nous exploitait économiquement parce qu’il fallait transporter toutes les munitions et tous les biens volés. », témoigne un enfant ex- soldat
Il est surprenant de constater que les autres enfants sont très conscients des souffrances endurées par les enfants soldats, comme le montre si bien ce dessin qui a remporté le premier prix du concours organisé par Children’s Voice à l’occasion de cette Journée Internationale. Des enfants non soldats se sont exprimés par des dessin exprimant la souffrance des enfants soldats.

Révolte et pauvreté comme causes chez les enfants de se faire enrôlé
Depuis une quinzaine d’années, la RDCongo a été le théâtre de plusieurs conflits au cours desquels des enfants ont été recrutés et utilisés comme combattants, messagers, espions, porteurs, cuisiniers et pour services sexuels. Certains sont recrutés de force ou enlevés, d’autres s’enrôlent pour fuir la pauvreté, la maltraitance et la discrimination, ou pour se venger des auteurs d’actes de violence commis à leur encontre de leur famille et leur communauté. D’autres enfants n’ont pas de proches parents ni de parents ni de tuteurs pour les protéger, ils voient l’armée comme leur seule famille.

Des ex-enfants soldats difficilement accueillis dans leur communauté
Les enfants soldats peuvent être persécutés par leurs chefs militaires et se retrouvent en danger s’ils tentent de sortir des forces et groupes armés. S’ils arrivent malgré tout à s’échapper, un autre combat les attend chez eux, l’acceptation par leur communauté et leur famille, qui les craignent, les discriminent et qui les voit bien souvent comme des bandits.
Il est essentiel pour leur réintégration sociale et économique de bien accueillir ces enfants, qui ont déjà subies de très grandes souffrances et traumatismes. Tout comme Children’s Voice, qui offre une formation de mécanique à plusieurs ex-enfants soldats dans ses centres de Virunga et de Bujovu, de nombreuses organisations offrent une chance aux anciens enfants soldats de se réintégrer dans la société, en leur apprenant des métiers et en sensibilisant la communauté.
Des enfants engagés pour que cette situation cesse !
« Les enfants ont été très enthousiastes de cette journée de sensibilisation et ont participé aux activités avec vivacité, se réjouit l’équipe d’encadrement de Children’s Voice ». Ils ont librement fait part de leur opinion, de leurs expériences pour certains et ont compris les dangers et les souffrances à devenir enfant soldat, comme le dit si bien l’enfant Micheline : « un enfant ne doit pas aller à la guerre mais à l’école. »


Ils ont également exprimés des recommandations pour qu’il n’y ait plus d’enfants soldats. Selon eux, les ex-enfants soldats doivent continuer à faire part de leur expérience aux enfants pour les dissuader d’entrer dans les forces et groupes armés, les ONGs doivent continuer leur combat, les groupes rebelles doivent disparaitre, la paix doit revenir, les commandants des groupes et forces armés doivent être arrêtés et répondre de leurs actes, les parents doivent encadrer parfaitement leurs enfants et les occuper de manière à ce qu’ils n’aient pas d’idées noires et enfin l’Etat doit s’engager pour protéger et promouvoir les droits des enfants et créer de l’emploi pour les jeunes. Ces témoignages, médiatisés par Mishapi Voice TV, toucheront le plus grand nombre nous l’espérons.

Nous avons compris que chacun a un rôle à jouer pour que plus aucun enfant ne devienne soldat : agissons tous ensemble pour garantir les droits des enfants !

Caroline Thurel
Bénévole

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Children’s Voice, Goma, RDC - http://children-voice.org « Protéger l’enfant à tout prix »