27 décembre 2012

Goma-RDC : Damien Gugliermina dans nos cœur pour toujours !

Il y a de cela trois ans que notre ami Damien Gugliermina est parti. C’était le 1er septembre 2008 dans un crash d’avion de la compagnie Air Serv, à l’Est de la République Démocratique du Congo.

Avec un don de sa mère Odile et de ses amis, l’idée était venue de construire une salle de classe en sa mémoire pour aider les enfants les plus vulnérables victimes de guerre et de conflits armés à l’Est de la RDC pour leur offrir une éducation de base. Au début c’était une salle de classe. Ensuite les amis de Goma ont donné leur contribution.

Les enfants du centre Bujovu tenant la photo de Damien
"Damien est vraiment parmi nous. Chaque matin nous nous rangeons devant lui avant d’entrer en classe. À la recréation nous jouons devant lui. Il sourit beaucoup", raconte Rafiki du 2e Niveau. "Quand je suis triste, juste le regarder, il me console", ajoute Sarah du 3e Niveau.

Actuellement le bâtiment a deux salles de classe en haut qui abritent le rattrapage scolaire des enfants de 11 à 15 ans. En bas, c’est l’infirmerie d’un côté et l’autre côté la salle de couture et d’alphabétisation des adolescentes.

les enfants du centre Bujovu devant le batiment Damien
Le bâtiment Damien Gugliermina est à Bujovu, un des trois centres de Children’s Voice à Goma et sur le territoire de Nyiragongo. Il a été détruit par la récente guerre de Goma. La toiture, les murs et les vitres ont été atteints. Bujovu et le centre Kibati ont été détruits et pillés. Seul le centre Virunga a été épargné.

Des adolescentes en formation en coupe et couture
Children’s Voice encadre actuellement 1260 enfants. Ceux ayant encore l’âge scolaire (de 9 à 14 ans) ont un programme national de rattrapage scolaire au niveau primaire et secondaire. Ceux-là, ayant 15 à 17 ans, apprennent le métier dont la mécanique, menuiserie, couture, coiffure, hôtellerie et tricotage, selon leur choix. Parmi ces enfants qui apprennent le métier, la plupart ne savent ni lire ni écrire. Ils ont des séances d’alphabétisation.

Nous remercions tous ceux qui ont contribué à la construction du bâtiment Damien qui permet, chaque année, de donner une éducation de base à plus de 100 enfants.

Novembre 2012

Christine Musaidizi
Children’s Voice
Goma, RD Congo

19 juin 2012

Les heritiers du roi Mathias a Goma (RDC)

À Goma, Dans le cadre de la commémoration de la Journée internationale de l’enfant africain, les enfants des centres pour enfants 
Children’s Voice de Virunga et Bujovu vous invitent à découvrir…

le jeudi 28 juin 2012 à 10h00

leur spectacle de théâtre agrémenté de poésie, chants et danses,
librement adaptée 
du célèbre roman
« Le Roi Mathias Ier » de Janusz KORCZAK :

Les enfants du roi Mathias

Dans la grande salle Korczak du Centre Children’s Voice de Virunga
Ancienne enceinte Caraccolini
Goma, Nord-Kiwu République Démocratique du Congo (RDC)



Invitation de Mathias a Goma RDC
Cliquez pour voir l'invitation

En présence de nombreux invités et devant les autorités, les enfants raconteront l'histoire du petit roi réformateur qui voulait apprendre la démocratie aux enfants de son pays. Ils se sont courageusement préparés pour dire à leur tour — en tant qu’enfants africains —, ce que Mathias représente pour eux, le rôle, les décisions qu'il devrait prendre aujourd'hui et ce que devraient faire les gouvernants s'ils voulait bien les écouter un peu pour construire un monde meilleur !

Ce spectacle est le fruit d’un travail de six mois sur le roman de Korczak dans le cadre du programme international franco-polonais Mathias-2012 lancé par l’Association française Janusz Korczak (AFJK) à l’occasion de l’Année Janusz Korczak proclamée par la Pologne pour rendre hommage au grand éducateur fondateur des droits de l’enfant. Il s’agit d’un programme socio-éducatif et culturel visant à favoriser l’apprentissage de la citoyenneté et de la démocratie à travers le théâtre et le journalisme, inspiré par l’œuvre littéraire pour enfants de Janusz Korczak (1878-1942), écrivain, médecin et éducateur polonais considéré comme le père spirituel de la Convention internationale des droits de l’enfant.

Envoyez un message ou un dessin
aux enfants de Mathias à Goma !
"childrenvoice [-] hotmail.com"

17 avril 2012

RDC, l'apparition du roi Mathias Ier - gouvernement des enfants

Première sortie publique le 25 mars 2012
C’est lors de l’Assemblée Générale de Children’s Voice que la pièce "Le roi Mathias Ier" a fait sa première sortie publique à Goma, en République Démocratique du Congo.

L’impasse :

« Le Premier ministre mit ses lunettes et demanda :
— Que se passera-t-il si le roi ne guérit pas ?
— Je sais, répondit le ministre de la Justice. Conformément à la loi, après la mort du souverain, le dauphin accède au trône et gouverne. Pour cette raison, on l’appelle Prince héritier. Si le roi meurt, son fils héritier doit s’asseoir sur le trône.
— Mais le roi n’a qu’un seul fils !
— Cela suffit
— Surement ! Mais le fils du roi, c’est le petit Mathias. Comment peut-il devenir Roi, Mathias ne sait même pas écrire ! »
    Ainsi commence l’histoire de Mathias, un enfant qui, malgré son très jeune âge se voit hériter le trône d’un grand royaume à la mort de son père, roi, quelque temps après celle de sa maman. Alors que le roi agonise dans son lit de malade, peu avant sa mort, le gouvernement, en discussion, fait polémique quant à la capacité de Mathias à diriger le royaume.

    Vive notre roi Mathias Ier !

    Écrit par le docteur polonais JANUSZ KORCZAK, père spirituel des droits de l’enfant — et dont la salle qui a accueilli le spectacle porte le nom —, ce roman vient d’être merveilleusement mis en scène ce 25 mars par une troupe d’enfants et d’adolescents évoluant dans les centres Virunga et Bujovu de l’ONG Children’s voice à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, à l’est de la République Démocratique du Congo (RDC).


    Devant une audience nombreuse composée des enfants des deux centres, des autorités politico-administratives dont le Maire de la ville, des bourgmestres de communes, des chefs des services publiques de protection de l’enfant et de la femme, une dizaine de chefs de quartiers, des représentants d’ONG et agences de protection de l’enfant venus célébrer en pompe les huit ans de travail ardent de Children’s voice au service de la communauté, à l’occasion de son Assemblée générale, la trentaine d’enfants acteurs, comédiens et danseurs, a savamment incarné les différents personnages du roman "Le roi Mathias Ier".

    Dans un décor adapté, sous la conduite du Premier ministre, les ministres ont des avis divergents et mesurent, chacun selon son secteur, le potentiel de Mathias à la lourdeur du travail qui l’attend. « — Il ne sait ni lire, ni écrire, ni compter ! » dit le ministre de l’Éducation nationale ; « — Il ne saura jamais s’imposer devant les grands généraux, avec sa petite taille » renchérit le ministre de la Guerre ; « — Nous allons avoir des grèves en permanence » lâche le ministre de l’Intérieur.

    Si les ministres doutent de la compétence du très jeune Prince héritier, c’est sans connaître le génie et la minutie dont fera preuve le roi Mathias Ier. Après les funérailles du roi, les notables de la cour royale procèdent aux cérémonies traditionnelles d’intronisation. Dans un accoutrement typiquement africain, les danseuses de la cours royale chantent des épopées, exhibent des danses traditionnelles dans une chorégraphie particulière, et rendent hommage au roi.


    Au milieu des deux gardiens, Mathias Ier, sari aux couleurs et zébrures de léopard — signe de pouvoir en Afrique traditionnelle noire — noué par-dessus l’épaule droite, et long collier d’ivoire (matière semblable) autour du cou, vient de porter la couronne. Une phrase épique est prononcée par le grand notable, une femme, avant qu’elle crie haut et fort : « Vive le roi Mathias Ier ! ». On entendit alors le nom du roi retentir dans tous les coins dans la salle : « Roi Mathias ! Roi Mathias ! Roi Mathias ! »

    La scène ne s’arrête pas là, deux jours avant le spectacle, deux groupes d’enfants journalistes mis à niveau toujours dans le cadre du projet international Mathias 2012, ont parcouru les rues de la ville de Goma et sa périphérie pour réaliser des enquêtes sur les violations des droits de l’enfant.

    Qu’en pensez-vous ?
    Par des micros-baladeurs, deux groupes d’enfants journalistes (l’un sur l’axe Virunga et l’autre sur l’axe Bujovu) ont promené leurs micros sur les grandes artères routières de la ville, entrain de poser des questions aux parents, enfants et autorités sur les origines, les conséquences et les pistes de solutions aux problèmes majeurs liés à la protection de l’enfant dans la ville de Goma.

    Les risques que courent les enfants face au manque d’eau et d’électricité, les violences sexuelles et autres violences basées sur le genre dont sont victimes les enfants, l’aménagement ou la disponibilité et l’accès aux espaces de jeux et de divertissement, les travaux lourds, forcés et l’exploitation économique des enfants sont là les questions qui revenaient de manière récurrente.


    Le Parlement des enfants
    Mathias veut faire de sa gouvernance, une gouvernance pour les enfants. Ainsi, organise et convoque-t-il un Parlement des enfants. Il est question pour les délégués des enfants de parler des problèmes des enfants et de proposer des recommandations.

    Mettant à profit les résultats des enquêtes effectuées par les enfants journalistes, les parlementaires d’enfants décrient, dénoncent et plaident pour que l’État prenne en main ses responsabilités et investissent d’avantage dans les services sociaux de base et pour l’amélioration des conditions de vie des enfants, leur épanouissement et leur bien-être.


    Au bout d’un moment, le roi Mathias Ier est perplexe, consterné par la pléthore des violations graves des droits de l’enfant que venaient d’exposer publiquement les parlementaires d’enfants. Face aux difficultés que connaît le royaume, aux menaces de guerre, saura-t-il améliorer l’état des choses ? Faire prospérer le royaume et gouverner réellement pour les droits de l’enfant ?

    Rendez-vous au grand spectacle Mathias au mois de juin, à l’occasion de la Journée de l’enfant africain.

    25 mars 2012
    Jeannot Kassa

    31 mars 2012

    RDC : Children’s Voice fête ses 8 ans au service de la communauté à l’Est du pays.

    Initiée en 2002, Children’s Voice a été légalement fondée en janvier 2004. A son
    Assemblée Générale tenue à Goma ce 25 mars 2012, il a présenté ses activités à la population, à ses membres, à ses partenaires, aux enfants et femmes bénéficiaires et aux autorités de la province du Nord Kivu. Il travaille sur 4 provinces de l’Est du pays.
    « Huit ans après, c’est le moment de nous arrêter, de nous évaluer et de réfléchir sur de nouvelles stratégies à prendre pour affronter de nouveaux défis et répondre beaucoup plus à notre engagement qui est d’améliorer les conditions de vie des enfants et des femmes vulnérables de la RDC. C’est grâce à votre soutien que nous avons pu sauver de milliers d’enfants et de femmes en situation précaire pendant ces 8 ans, c’est avec vous, que nous ferons plus et répondrons aux besoins de la communauté qui attend encore », tel a été le message du responsable de l’organisation.
    Après des chants, des danses et des jeux des enfants, Children’s Voice a fait une synthèse des activités réalisées au courant de l’année 2011 et ses perspectives d’avenir.
    Ensuite les autorités et les partenaires se sont dirigés vers les 12 stands installés en représentation de grandes activités dans l’enclos de l’un des ses centres d’encadrement des enfants :
    Stand 1 : classe de rattrapage scolaire cycle primaire,
    Stand 2 : classe de rattrapage scolaire cycle secondaire,
    Stand 3 : classe d’alphabétisation,
    Stand 4 : Séance d’appui psychosocial,
    Stand 5 : Service médical,
    Stand 6 : atelier de formation en couture et broderie,
    Stand 7 : atelier de formation en salon de coiffure,
    Stand 8 : atelier de formation en mécanique,
    Stand 9 : atelier de formation en menuiserie,
    Stand 10 : Boulangerie,
    Stand 11 : Matériels et outils de sensibilisation communautaire et de promotion de droits de l’enfant et de la femme,
    Stand 12 : Activités génératrices de revenu des filles et celles des femmes.
    Dans son mot, le Maire de Goma qui a représenté le Gouverneur de la province du Nord Kivu en déplacement, a loué les réalisations de Children’s Voice et a ajouté : « Cette organisation fait un grand travail qui devait, pourtant, été fait par le gouvernement ».
    Les leaders communautaires, les bénéficiaires et les partenaires ont témoigné leur satisfaction dans l’engagement et les œuvres de cette organisation congolaise. Jeux, pas de danse, accrobatie et chants des enfants ont ete exibés.
    Un cocktail offert aux enfants par le FPU de la Monusco, a clôturé la journée en beauté.
    A la fin de la visite des stands, les enfants formés en différents métier, ont remis un cadeau, production de leur travail, au représentant du Gouverneur de la province.
    26 mars 2012
    La coordination

    Le rapport annuel 2011 va etre amendé et posté.

    Quelques photos de la manifestation

    16 mars 2012

    Goma, le viol entre enfants : qui viole qui !

    Dans la justice pour enfants en RDC, les familles des enfants garçons sont mecontents ! La raison en est que, la loi n° 06/018 du 20 juillet 2006 sur les violences sexuelles serait, selon eux, mal interprétée, leurs enfants « garçons » en sont victimes !
    Environ 50% des enfants en conflit avec la loi déférés devant le Tribunal pour Enfants (TPE) de Goma sont accusés de viol par la famille de la victime. Viennent ensuite principalement les cas de vols (environ 27%), de coups et blessures, d’attentats à la pudeur, de vagabondages et d’assassinats.
    Qu’est-ce qu’un viol entre mineurs ?
    Selon la loi du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant, toute relation sexuelle entre mineurs, qu’elle soit forcée ou consentante entre les deux parties, est un viol.Ainsi, sur les 50% de cas de viols répertoriés au niveau du TPE, seulement une petite partie d’entre eux correspondent à des violences sexuelles forcées entre les deux parties.
    Qui est la victime de l’autre ?
    En cas de consentement des deux enfants, quel enfant est victime de l’autre ? Généralement, c’est la famille de la fille qui porte plainte contre le garçon (et non l’inverse) car elle s’estime victime des actes du garçon. Ceci s’explique parfois par le fait que le garçon est plus âgé que la fille et/ou car cette dernière a été engrossée du fait de la relation sexuelle.
    Par ailleurs, l’aspect culturel joue un rôle primordial ici. Dans la culture congolaise, la virginité d’une fille a beaucoup de valeur. Surtout dans les territoires, un garçon qui enlève la virginité à une fille est perçu comme un violeur et souvent doit lui verser la dot en guise de réparation.
    Cependant, quand la fille a également consenti à l’acte sexuel,il peut sembler illogique que ce soit systématiquement elle qui porte plainte et que par conséquent, ce soit le garçon qui soit reconnu coupable.
    Depuis 2009 et l’entrée en vigueur de la loi de protection de l’enfant, certaines familles n’hésitent pas à porter plainte contre un garçon seulement car elles soupçonnent que leur fille entretient des relations sexuelles avec lui, dans le seul but de toucher les dommages et intérêts en guise de réparation au préjudice subi, qui s’élèvent en général à 200 dollars américains.
    Loi et la coutume
    Beaucoup de cas de viols ont pour origine l’ignorance de la loi, loi qui n’est pas
    toujours adaptée aux réalités sociales et aux coutumes. Dans le territoire de Rutshuru par exemple, dès qu’ils possèdent un champ pour travailler, les garçons sont considérés comme des adultes dans leur coutume, ils entretiennent des relations sexuelles avec leur fiancée mineure et se marient très tôt. Ces enfants qui sont déférés devant le TPE pour viol comprennent difficilement la valeur répréhensible de leur acte. Ainsi, la sensibilisation sur la loi de protection de l’enfant de 2009 doit continuer pour que les mineurs, notamment les garçons, soient conscients de la loi, de leurs droits et interdictions et qu’ils ne deviennent pas des enfants en conflit avec la loi.

    Caroline Thurel
    Bénévole

    23 février 2012

    Des structures d’accueil spécialisées pour les enfants en conflit avec la loi


    Un enfant, même s’il a commis un manquement qualifié d’infraction à loi pénale, doit être protégé à tout prix et doit pouvoir bénéficier des structures appropriées qui prennent en compte son plus jeune âge, ses besoins, son niveau de maturité et sa vulnérabilité face aux adultes. Les conditions de détention dans les prisons sont en générales mauvaises et les enfants peuvent être facilement victimes d’abus en tous genres par les prisonniers adultes. Un enfant en conflit avec la loi est en droit de bénéficier de la justice juvénile.

    C’est pourquoi il existe à Goma deux structures spécialisées qui accueillent seulement les mineurs: l’établissement public appelé EGEE « Etablissement de Garde et d’Education de l’Etat » et l’organisation privée MIDEFEHOPS. Ainsi, le Juge pour Enfants ordonne le placement de tous les enfants en conflit avec la loi déférés devant lui (placement provisoire) ou pour lesquels il a prononcé une décision (placement définitif) dans l’une de ces deux structures, ou bien en famille.

    Monitoring et plaidoyer

    Cependant, certains enfants sont encore malheureusement en prison ou dans les cachots et amigos mélangés avec les adultes. C’est le cas quand ils déclarent devant l’officier de police judiciaire ou le magistrat du Parquet ou de l’Auditorat militaire lors de l’instruction qu’ils sont adultes, par exemple car ils sont intimidés ou bien tout simplement car ils ne connaissent pas leur âge.

    Ainsi Children’s Voice organise des visites de monitoring dans certains lieux de détention à Goma comme à la prison centrale MUZENZE, afin d’identifier et d’auditionner les présumés mineurs qui s’y trouveraient. Lors de ces visites, nous essayons de récolter le plus d’informations possibles sur la famille et le parcours scolaire des présumés mineurs afin de retrouver des pièces justificatives de leur âge, telles que l’acte de naissance, une carte de baptême ou des dossiers scolaires.
    Une grande difficulté se pose ici car l’enregistrement à l’état civil des enfants à la naissance n’est pas choses commune, ainsi de nombreux enfants se retrouvent sans acte de naissance de l’Etat. De plus certains enfants ne sont pas allés à l’école, ou bien leurs documents ont été perdus ou brulés pendant la guerre. D’autres possèdent des pièces mais ils viennent des territoires où il est difficile que nous accédions. Par ailleurs, certains présumés mineurs n’hésitent pas à mentir sur leur âge et leurs informations pour pouvoir bénéficier de la justice juvénile, ce qui complique notre tâche de monitoring et de plaidoyer.

    Après le travail d’enquête, nous menons un plaidoyer auprès des instances judiciaires appropriées, le Parquet de Grande Instance, le Tribunal de Grande Instance ou l’Auditorat militaire afin que le juge instructeur du dossier de l’enfant se déclare incompétent et défère l’enfant vers son Juge naturel, le Juge pour enfants, qui pourra ordonner son placement vers une structure appropriée pour mineurs.


    D’autres ONGs et la section de protection de l’enfant de la MONUSCO sont engagées à nos côtés dans ces activités de monitoring et de plaidoyer afin de permettre aux enfants en conflit avec la loi de jouir de tous leurs droits.


    Février 2012

    Caroline Thurel
    Bénévole

    Goma, Réunification familiale d’un enfant en conflit avec la loi

    Le 12 janvier 2012, dans le cadre de la supervision du projet UHAKI na KINGO, Children’s Voice a effectué une descente à SAKE, un village à 27 km de Goma, en vue de réunifier un enfant en conflit avec la loi pour lequel le Tribunal Pour Enfants a qualifié de viol, le manquement commis par ce dernier et l’a condamné à payer en titre de dommage intérêts la somme de 200000 francs congolais (équivant à 222 dollars américains) à la partie civile (famille de la victime). L’enfant était placé à l’Etablissement de Garde et d’Education de l’Etat (EGEE) de Goma depuis le mois d’aout 2011 pour une période ne dépassant pas ses 18 ans d’âge.

    Ayant réalisé ses 18 ans la veille, l’enfant a été conduit chez ses parents dans le territoire de Masisi, à Sake, accompagné des assistants sociaux et de l’équipe chargée de protection légale et sociale de Children’s Voice. À l’arrivée, l’enfant a été confié à sa tante, faute d’absence de ses père et mère n’ayant pas été prévenus à l’avance car étant injoignables. La tante de l’enfant se dit satisfaite de l’arrivée de son neveu et de sa réinsertion familiale. Aussi a –t- elle promis de veiller à ses autres enfants de peur qu’ils ne tombent dans la même erreur.
    Pour prévenir un climat d’attente entre les deux familles, celle de l’enfant en conflit avec la loi et celle de la victime, l’enfant a été conduit auprès de la famille qui a été lésée pour la médiation, tâche qui n’a pas été facile, mais avec l’expérience des assistants sociaux, les deux familles se sont entendues et ont promis de se mettre ensemble pour discuter sur la modalité de réparation du préjudice subi.

    Janvier 2012
    L’Equipe de Children’s Voice

    18 février 2012

    Levons-nous contre le recrutement des enfants dans des forces et groupes armés !

    Tel a été le message à l’occasion de la Journée Internationale des enfants soldats célébrée le 12 février par laquelle l’ONG Children’s Voice a encouragé la communauté à continuer à se battre contre l’enrôlement des enfants dans les forces et groupes armés et à faciliter la réinsertion des ex-enfants soldats de retour chez eux.


    Children’s Voice, en tant qu’activiste des droits de l’enfant depuis 10 ans, a célébré cette journée avec 60 enfants de 12 à 17 ans venus de ces deux centres d’encadrement, Bujovu et Virunga. Parmi eux, quatre anciens enfants soldats qui ont courageusement fait part de leur expérience. A travers les différentes activités menées par les enfants : table ronde, concours de dessin, micro-baladeur, ils ont pu donner leur opinion sur ce que signifie pour eux être enfant soldat, tout en étant sensibilisés sur les méfaits d’une telle pratique et le besoin essentiel pour l’ex enfant soldat d’être bien accueilli par sa communauté, sa famille, ses amis.

    Témoignages des ex-enfants soldats face aux souffrances subies
    « Nous avons été battus, torturés, blessés sans médicaments, on utilisait parfois des médicaments traditionnels au hasard », s’exclame un ex-enfant soldat, Gislain, devant l’auditoire de la table ronde organisée dans la salle Janusz Korczak au Centre Virunga de Children’s Voice.
    Un autre ex-enfant soldat s’exprime à son tour : « Personne ne peut supporter nos caprices car n’étant pas nos parents, ils nous laissent sous la pluie pendant que nous montons la garde. »
    Les enfants soldats souffrent beaucoup, ils sont tabassés, fouettés, violés, exploiter physiquement et sexuellement, exposés à beaucoup de risques dont les maladies, la malnutrition, le froid, les troubles psychologiques du fait des morts et du sang qu’il voit coulé. Ils ont vécu la violence.
    « On nous exploitait économiquement parce qu’il fallait transporter toutes les munitions et tous les biens volés. », témoigne un enfant ex- soldat
    Il est surprenant de constater que les autres enfants sont très conscients des souffrances endurées par les enfants soldats, comme le montre si bien ce dessin qui a remporté le premier prix du concours organisé par Children’s Voice à l’occasion de cette Journée Internationale. Des enfants non soldats se sont exprimés par des dessin exprimant la souffrance des enfants soldats.

    Révolte et pauvreté comme causes chez les enfants de se faire enrôlé
    Depuis une quinzaine d’années, la RDCongo a été le théâtre de plusieurs conflits au cours desquels des enfants ont été recrutés et utilisés comme combattants, messagers, espions, porteurs, cuisiniers et pour services sexuels. Certains sont recrutés de force ou enlevés, d’autres s’enrôlent pour fuir la pauvreté, la maltraitance et la discrimination, ou pour se venger des auteurs d’actes de violence commis à leur encontre de leur famille et leur communauté. D’autres enfants n’ont pas de proches parents ni de parents ni de tuteurs pour les protéger, ils voient l’armée comme leur seule famille.

    Des ex-enfants soldats difficilement accueillis dans leur communauté
    Les enfants soldats peuvent être persécutés par leurs chefs militaires et se retrouvent en danger s’ils tentent de sortir des forces et groupes armés. S’ils arrivent malgré tout à s’échapper, un autre combat les attend chez eux, l’acceptation par leur communauté et leur famille, qui les craignent, les discriminent et qui les voit bien souvent comme des bandits.
    Il est essentiel pour leur réintégration sociale et économique de bien accueillir ces enfants, qui ont déjà subies de très grandes souffrances et traumatismes. Tout comme Children’s Voice, qui offre une formation de mécanique à plusieurs ex-enfants soldats dans ses centres de Virunga et de Bujovu, de nombreuses organisations offrent une chance aux anciens enfants soldats de se réintégrer dans la société, en leur apprenant des métiers et en sensibilisant la communauté.
    Des enfants engagés pour que cette situation cesse !
    « Les enfants ont été très enthousiastes de cette journée de sensibilisation et ont participé aux activités avec vivacité, se réjouit l’équipe d’encadrement de Children’s Voice ». Ils ont librement fait part de leur opinion, de leurs expériences pour certains et ont compris les dangers et les souffrances à devenir enfant soldat, comme le dit si bien l’enfant Micheline : « un enfant ne doit pas aller à la guerre mais à l’école. »


    Ils ont également exprimés des recommandations pour qu’il n’y ait plus d’enfants soldats. Selon eux, les ex-enfants soldats doivent continuer à faire part de leur expérience aux enfants pour les dissuader d’entrer dans les forces et groupes armés, les ONGs doivent continuer leur combat, les groupes rebelles doivent disparaitre, la paix doit revenir, les commandants des groupes et forces armés doivent être arrêtés et répondre de leurs actes, les parents doivent encadrer parfaitement leurs enfants et les occuper de manière à ce qu’ils n’aient pas d’idées noires et enfin l’Etat doit s’engager pour protéger et promouvoir les droits des enfants et créer de l’emploi pour les jeunes. Ces témoignages, médiatisés par Mishapi Voice TV, toucheront le plus grand nombre nous l’espérons.

    Nous avons compris que chacun a un rôle à jouer pour que plus aucun enfant ne devienne soldat : agissons tous ensemble pour garantir les droits des enfants !

    Caroline Thurel
    Bénévole

    09 février 2012

    RD Congo, une justice équitable aux enfants

    Pour la toute première fois, les enfants de la République Démocratique du Congo bénéficient d’une justice équitable, adaptée à leur âge et dans un cadre approprié grâce à un tribunal pour enfants qui vient d’être installé à Goma depuis juin 2011.

    Des dossiers sont traités avec célérité, des audiences sont tenues dans un cadre adapté, des jugements sont prononcés, des assistants sociaux formés sont à leur côté, des avocats assistent les enfants, des réunifications familiales sont faites ; des enquêtes sociales orientent les juges des enfants, un comité de médiation est installé pour des cas nécessitant une médiation familiale.

    Sur la photo ci-dessus, des parents venus pour assister à l’audience des enfants qui va avoir lieu au tribunal.
    Un tribunal approprié aux enfants est du nouveau dans la justice en RDC. Pour le cas de Goma, c’est l’aboutissement d’un travail de longue haleine de plus de six ans, fourni par un Comité de Suivi-Justice pour Enfants dans la province du Nord Kivu, conduit depuis le début, par Children’s Voice.
    Ce comité a beaucoup travaillé pour améliorer les conditions de détention des enfants en conflit avec la loi et les enfants en prison avec leurs parents mais aussi pour protéger les enfants témoins qui se retrouvent confrontés à la justice. Il tient sa réunion une fois le mois. Cette année, l’Unicef a appuyé le comité de Suivi et le Tribunal pour enfants en finançant le projet « Uhaki na Kingo », mots en swahili qui signifient « justice et protection». Ce projet est réalisé par le tribunal pour enfants, la Division de la Justice, la Division des Affaires Sociales, Midefehops et Children’s Voice qui assure la coordination. Chaque membre contribue selon ses possibilités. C'est le cas de War Child et children's Voice qui transportent les enfants pour la réunification familiale.

    Sur cette photo, une réunion du comité de Suivi-Justice pour enfants autour du Président du tribunal

    Rappelons que ce comité avait vu le jour au moment où des enfants privés de liberté et placés en détention vivaient dans des conditions difficiles, souvent marqués par un long séjour désagréable dans les mêmes cellules que des adultes brigands et condamnés.

    Ce qui les rendait de plus en plus désespérés et violents et les poussaient à commettre d’autres crimes. La succession de guerre et des conflits armés ainsi que le nombre réduit de la scolarisation, avaient haussé le taux de la délinquance chez les enfants avec un nombre important d’enfants de la rue sans encadrement et dont certains avaient manipulé des armes.

    L’installation de ce tribunal pour enfants à Goma comme dans d’autres coins du pays, est la mise en œuvre de la loi No 09/001 portant protection de l’enfant promulgué en 2009 en République Démocratique du Congo. Les agents de protection se rejouissent de ce grand pas dans la justice.

    Décembre 2011
    Children's Voice

    Children’s Voice, Goma, RDC - http://children-voice.org « Protéger l’enfant à tout prix »