25 janvier 2009

Protection des enfants dits sorciers

Mécanismes de protection des enfants
accusés de sorcellerie


Goma-RDC : Le 20 janvier 2009, un atelier de réflexion a réuni des Autorités de base, des responsables des Églises et la Police Spéciale de Protection de l’enfant, en vue de définir et adopter des mécanismes qui protégeraient les enfants accusés de sorcellerie. Par son succès, cette réunion s’est transformée en Assises fondatrices.


La recrudescence des violences faites aux enfants accusés de sorcellerie se situe dans un contexte de crise créé par de nombreux problèmes sociaux, économiques, sécuritaires et politiques, à quoi s’ajoute un accroissement sans précédent de la pauvreté dans cette province du Nord-Kivu.

Cette maltraitance est pratiquée sur les enfants les plus vulnérables. Ce sont ceux qui sont sans famille tels que les orphelins, les enfants abandonnés, et ceux confiés aux familles pour des travaux de ménage. Mais il est établi, le doute n’est pas permis, qu’il y a aussi dans ces pratiques une volonté d’infliger des traitements inhumains et dégradant, d’humilier ces enfants et de déstabiliser toute la communauté à laquelle ils appartiennent.

Les violences utilisées contre les enfants accusés sont sans limites : ils sont torturés par des brûlures ou par la torture dite « kuchunda » (cogner la tête au mur) pour les faire avouer, ligotés et fouettés, privés de nourriture pendant des jours, on leur introduit de l’eau salée dans la voie anale pour purger le corps du mal, etc. Des maisons sont brûlées, des enfants et des familles sont chassés de leur toit. Par ailleurs d’autres mauvais traitements s’exercent chaque jour et nuit dans le milieu familial, dans des chambres de prière des églises et même dans les rues des villes et des campagnes de province. Toutes ces pratiques se font à la vue des autorités et de la communauté. La naissance continuelle de petites Églises est la cause de nouvelles accusations, comme moyen d’attirer les adeptes.

Pour lutter contre ce fléau, des assises ont été réunies et une stratégie a été définie sur le thème suivant : « Créer des mécanismes de protection de tous les enfants accusés de sorcellerie en impliquant les responsables des Églises et les autorités de base ainsi que la police ».


Le Procureur de la République met ici en garde la population qui se fait justice. Il a présenté les innovations de la nouvelle loi de protection de l’enfant qui place l’intérêt supérieur de l’enfant au-dessus de toutes considérations.

Des groupes de travail ont abouti à des résolutions et recommandations :
  • Implication des participants dans la protection des enfants accusés de sorcellerie et leurs familles
  • Dénonciation de tous les cas d’accusation de sorcellerie
  • Interdiction de la population à se faire justice et poursuite des accusateurs
  • Création des comités de suivi au niveau de tous les coins de la ville de Goma
  • Production des émissions éducatives sur la protection des enfants accusés de sorcellerie à la radio et à la télévision
  • Sensibilisation active de la population pour éradiquer ce phénomène ;
  • Vulgariser et mise en pratique la nouvelle loi de protection de l’enfant.
Children’s Voice
Janvier 2009


Documents
Loi sur la protection de l’Enfant du 10 janvier 2009, publiée au Journal Offciel de R.D. Congo, le 12 janiver 2009 J.O. : 20 pages à télécharger en deux parties : [PDF p. 1-10, 700 Ko] et [PDF p. 9-20, 764 Ko]

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