18 septembre 2009

Une salle dédiée à Janusz Korczak à Goma

Inauguration de la salle Janusz Korczak
du centre refuge de Children's Voice à Goma

Goma, RDC : En République Démocratique du Congo, ce ne sont pas les lois de protection de l’enfant qui manquent. En janvier 2009, le Président de la République en a promulgué une nouvelle. Le grand défi en est que toutes ces lois ne sont pas suffisamment connues ni respectées. Pour répondre à ce besoin, une salle a été construite.

Salle Korczak

Promotion des droits de l’enfant
Dans le cadre de son soutien à l’action de Children’s Voice, l’ONG World Vision Australie vient de donner à l’ONG Children’s Voice une grande salle ayant une capacité de 500 places, à laquelle nous avons décidé de donner le nom de Janusz Korczak.

La salle est dédiée à la promotion des droits de l’enfant. Elle nous permettra d’intensifier la vulgarisation des droits de l’enfant, l’éducation communautaire et le plaidoyer en faveur des enfants de la région des Grands Lacs en général et du Nord-Kivu en particulier. Dans cette région meurtrie par des successions de guerres et de conflits armés ou l’enfant est la première victime, la voix de l’enfant a désormais un cadre pour s’exprimer.

Pourquoi le nom de Janusz Korczak ?
Écrivain, médecin, éducateur polonais (1878-1942), Janusz Korczak [on prononce Kor-tchak] est le précurseur de la Convention internationale des droits de l’enfant. Il est le premier à avoir plaidé de façon universelle pour le droit de l’enfant au respect.

En observant et en aidant les orphelins perdus dans sa ville de Varsovie, il comprend l’importance de l’amour, du respect et de l’éducation dans la vie d’un enfant.

Il construit un puis deux orphelinats modèles ou il instaure une véritable société démocratique, organisée selon des principes de justice, d’égalité en droits et en obligations : "La République des enfants".

Dans son pays, entre les deux guerres mondiales, il est devenu le grand ami et le défenseur des enfants pauvres et des orphelins et il leur a consacré sa vie entière. Aujourd’hui encore son histoire et son œuvre sont partout dans le monde un exemple magnifique pour tous ceux qui veulent aider les enfants.

C’est en hommage à son engagement dans la promotion de droits de l’enfant que cette nouvelle salle porte son nom.
Children’s Voice


Liens
Documents
  • La Convention internationale des droits de l’enfant dans toutes les langues. Sur ses 54 articles, ce sont les articles 1 à 40 qui décrivent les droits de l'Homme des enfants et les devoirs des adultes envers eux.
  • Loi sur la protection de l’Enfant du 10 janvier 2009, publiée au Journal Offciel de R.D. Congo, le 12 janvier 2009 - J.O. : 20 pages à télécharger en deux parties : [PDF p. 1-10, 700 Ko] et [PDF p. 9-20, 764 Ko]
  • CRC Concluding Observations : « Observations finales : République démocratique du Congo », 10 février 2009. Suite à l’audition officielle des représentants du gouvernement, le CRC a émis des « recommandations » qui ne sont pas obligatoires mais qui indiquent à notre pays les efforts qu’il doit absolument faire pour tenir les engagements qu'il a pris en signant la Convention des droits de l’enfant, dans les cinq ans à venir. C’est un rapport très détaillé avec 100 recommandations précises, en 25 pages environ, sur tous les problèmes et sur tous les progrès à faire. - En téléchargement direct (pour lecture écran ou impression), en trois langues au choix :

15 août 2009

Rencontre avec Hillary Clinton à Goma

La protection de la femme et de l’enfant
au centre des discussions


Table ronde avec les associations des femmes
Après sa rencontre de ce mardi 11 août 2009 avec le Président Kabila, la Secrétaire d’État américaine a visité le camp des déplacés de Mugunga à une dizaine de km de Goma.
Dans l’après midi, elle s’est rendue à l’hôpital Heal Africa, spécialisé dans la prise en charge des femmes violées, où elle a eu un huis clos avec des victimes de violence sexuelle. Juste après, Mme Hillary Clinton a eu une table ronde avec des organisations féminines de la Société Civile du Nord et du Sud-Kivu, parmi lesquelles Children’s Voice. La question de la protection de la femme et de l’enfant était au centre de cette rencontre.

La sécurité et la paix, l’impunité et la corruption, l’éducation insuffisante des enfants et des jeunes ont été désignés comme étant les principaux défis à relever dans le pays pour pouvoir lutter contre les violences sexuelles qui rongent cette région déjà meurtrie par une succession des guerres et des conflits armés.
Pour Children’s Voice, le renforcement de l’éducation et la lutte contre l’ignorance du peuple serait une des solutions pour éradiquer les violences sexuelles (cf. ci-dessous notre intervention à la table ronde avec Mme Clinton).

Madame la Secrétaire d’État américaine a annoncé la création prochaine d’un corps de Police Féminine pour protéger les civils enfants et femmes à l’Est de la RDC.
Cette mesure répondrait à la préoccupation du Comité de Suivi de la Justice pour Mineurs du Nord-Kivu qui a fait un plaidoyer, il y a quelques semaines, pour que le Commandant de la Police Nationale Congolaise affecte des officiers de police femmes à la protection des enfants en conflit avec la loi. Ce serait une solution pour mettre fin aux exactions et mauvais traitements dont ils sont victimes lors de leur arrestation et détention.
Children’s Voice




Intervention de Children’s Voice à la table ronde avec Mme Hillary Clinton
Par Christine Musaidizi, Coordinator, Children’s Voice, Goma, DR Congo (en bleu sur la photo)

Madam Secretary of State,

Actually, Democratic Republic of Congo needs peace and security. Peace and security will come back. But this country is confronted to other challenges. The main one is education.

People without education have a worse future. Children are the future of this country. Since people are moving from villages to villages, children are not going at school as well.

Some where Children’s Voice has activities in teaching children from streets and orphans, only 5% were been at school because of war and school fees which are paid by parents. In another area, 95% of the populations know neither to read nor to write.

Most of children and young persons recruited in army and armed groups have not been at school. If any effort is undertaken now to instruct young people, they will return to the bush and fight again because they have learned nothing else to do. Then the peace and security will be imperilled.

Many cases of rape and sexual violence are done with atrocities, others in ignorance from victims and perpetrators. Laws are approved, people do not know what is their rights.

To banish sexual violence, peace and security are extremely needed. To educate people is one of strategies.

Madam Secretary of State, to assist children especial in education is to help a country. In the new partnership with DRC, please do not forget education.
Be blessed.


- Revue de presse

30 juin 2009

Action du CSJM pour les enfants en prison

CSJM - Comité de Suivi Justice pour Mineurs

Commission Provinciale de Protection de l’enfant du Nord-Kivu
République Démocratique du Congo
Imprimer cet article [PDF 232 Ko, 3 p.]



Goma, RDC : En République Démocratique du Congo, malgré les lois de protection de l’enfance, qui existent mais ne sont pas connues, de très nombreux enfants sont envoyés en prison comme les adultes, dans les mêmes lieux de détention. Au Nord-Kivu, pour tenter de corriger cette grave atteinte à la Convention internationale des Droits de l’enfant (CDE), un important Comité de suivi de la Justice des mineurs, le CSJM, travaille avec efficacité depuis trois ans. Présentation.
« Quel que soit le crime qu’il aurait commis, un enfant reste un enfant ; il a droit à une protection. »



Inspection des prisonsUne équipe du Comité conduite par le Procureur de la République fait un état des lieux du milieu carcéral
 dans un cachot de la police nationale



1. Création
Enfants emprisonnés
Depuis 2005, la Commission provinciale de protection de l’enfant du Nord-Kivu se préoccupe des conditions déplorables d’arrestation et de détention des enfants dans les milieux carcéraux.Sans un endroit approprié, les enfants sont détenus avec les condamnés adultes dans des prisons surpeuplées, des cachots, exposés à la famine, au viol et à toutes les violences, sans assistance, abandonnés par leur famille ; les raisons étant en grande partie bénignes, parfois sans dossier.
En 2007, la Monuc Child Protection a organisé une journée de réflexion qui s’est terminée par la création d’un comité de suivi de ses recommandations.

Sur la photo, ces enfants de 6 à 12 ans viennent d’être libérés
de la prison centrale de Goma grâce à l’action de Children’s Voice.


2. Les membres du Comité
Le président est le Procureur de la République et le vice-président est le Juge des enfants.
Les membres du Comité sont les Agents de Protection de l’Enfant et les représentants des structures possédant des lieux de détention.
  • Structures étatiques : Parquet de Grande Instance, Tribunal de Grande Instance, Auditorat Militaire, Bureau de Renseignements Militaires (T2), Agence Nationale des Renseignements (ANR), Police spéciale de protection de l’enfant, Prison Centrale, division de la justice, Division des affaires sociales, division de la jeunesse, Division femme et famille
  • Agences onusiennes : Monuc CP, Monuc État de droit, Monuc Civilian Policel, Unicef
  • ONG nationales : LICOSAMI, Don Bosco, Children’s Voice, AJUDI, Arche d’Alliance, CARITAS, CAJED, MIDEFEOPS
  • ONG internationales : CICR et REJUSCO European Police.

3. La mission du CSJM
Libération immédiate des cas légers des enfants, transfert sans délai vers le juge naturel, amélioration des conditions de détention, célérité dans les dossiers des mineurs.

4. Réunion mensuelle de suivi
Les principaux points traités sont :
  • Suivi des actions recommandées à la réunion précédente
  • Échanges sur la situation des enfants détenus et toutes nouvelles violations graves des droits de l’enfant
  • Recommandations et actions à mener en réponse aux violations reportées.

5. Actions
En plus des activités habituelles de chaque structure membre, des actions communes sont engagées pour plus d’efficacité.
  • a) Monitoring des lieux carcéraux

  • b) Visite aux enfants privés de liberté

  • c) Suivi des dossiers des enfants
    Malgré des conditions difficiles de travail, un juge pour mineurs, en même temps Vice-président du Comité, avec un dévouement exceptionnel, traite avec passion et célérité les dossiers des enfants. En moyenne 10 décisions de libération sont signées par jour.

  • d) Prise en charge et réinsertion familiale
    Les membres du Comité se partagent la tâche : alors que certains font le monitoring, d’autres font le plaidoyer, et d’autres encore se partagent le suivi des dossiers, le transport des enfants libérés, l’organisation de leur en charge, leur encadrement, la réinsertion familiale.

  • e) Renforcement de capacité des membres
    Pour faire face aux difficultés de leur mission, les membres reçoivent régulièrement des formations pour renforcer leur capacité, améliorer la qualité de leur travail en faveur des enfants incarcérés et vulgariser les textes légaux sur la protection de l’enfant.

  • f) Plaidoyer
    En petits groupes, les membres du comité rencontrent des autorités selon les cas de violation des droits de l’enfant signalés et les domaines. La force de ce comité est l’implication de toutes les structures dans la protection des enfants en conflit avec la loi.

6. Organisation du Comité
Étant donné que les ONG internationales ne sont pas toujours permanentes, le CSJM a été confié aux ONG locales. Depuis 3 ans, Children’s Voice, qui préside la Commission Provinciale de Protection de l’enfant du Nord-Kivu, assure le point focal du Comité de suivi Justice pour mineurs.

Pour tous renseignements avant d'emprisonner un enfant, et sur les enfants en prison, contacter le Comité :

Children’s Voice (point focal du CSJM)
+243 (0) 81 88 88 706
E-mail : "childrenvoice" sur hotmail.com
http://children-voice.org





Documents
  • Télécharger le dépliant de présentation, pour le lire à l'écran ou pour l'imprimer (en recto-verso si possible). Deux versions sont disponibles (la diffusion de ce dépliant plaide pour le rétablissement de la Justice pour les enfants en RDC) :
  • La Convention internationale des droits de l’enfant dans toutes les langues. Sur ses 54 articles, ce sont les articles 1 à 40 qui décrivent les droits des enfants et les devoirs des adultes :
  • Loi sur la protection de l’Enfant du 10 janvier 2009, publiée au Journal Offciel de R.D. Congo, le 12 janvier 2009 J.O. : 20 pages à télécharger en deux parties : [PDF p. 1-10, 700 Ko] et [PDF p. 9-20, 764 Ko]
  • Le Comité des droits de l’enfant de l’ONU (le CRC en anglais), a examiné le rapport officiel de la RDC et a auditionné son gouvernement à Genève lors de sa 50e session le 21 janvier 2009. La délégation de la RDC était conduite par S.E.M. Upio Kakura Wapol, Ministre des Droits humains. La liste de sa délégation (List), son allocution d’ouverture (Statement) et le rapport périodique officiel de la RDC (2nd Periodic report) sont disponibles en trois langues sur la page ad hoc du CRC :
    Page de la 50e session : http://www2.ohchr.org/english/bodies/crc/
  • Les recommandations faites à la RDC par le CRC. Suite à cette audition début 2009, le CRC a émis d’importantes recommandations publiées sous le titre : CRC Concluding Observations : « Observations finales : République Démocratique du Congo ». Ces « recommandations » ne sont pas obligatoires mais elles indiquent à notre pays les efforts qu’il doit absolument faire dans les cinq ans à venir pour tenir les engagements qu’il a pris en signant la Convention des droits de l’enfant.
Ce document est très intéressant pour tous les agents de protection des enfants parce que c’est une analyse très détaillée en 100 points et en 25 pages environ de tous les problèmes des enfants Congolais et des responsabilités de chacun de ceux qui en ont la charge, et sur tous les progrès à faire. Le CRC demande que ce texte soit rendu public et largement diffusé pour la sensibilisation de la société civile. — Liens de téléchargement direct (pour lecture écran ou impression), en trois langues au choix ::

31 mars 2009

Réconciliation avec le Maire de Goma

Visite du maire de Goma aux enfants
des rues de Virunga


Goma-RD. Congo : Le maire de la ville de Goma est venu remettre des brevets à 75 jeunes pour clôturer la fin de leur formation professionnelle au centre Virunga de Children’s Voice. Cette formation est offerte à des adolescents désœuvrés, trop grands pour être déscolarisés, en vue de réduire la délinquance des enfants dans les rues de la ville. Elle leur assure un avenir meilleur par leur auto-prise en charge économique.

Cérémonie de clôture des formations
Les jeunes couturières exposent leurs productions
à l'occasion de la visite du maire.

Le maire de Goma
Le maire de la ville remet les brevets.


Children’s Voice a deux centres d’accueil qui assurent la prise en charge de 760 orphelins et autres enfants vulnérables (OEV) : le centre de Virunga et celui de Bujovu portent tous deux le nom du quartier.
Les principales activités dans ces 2 centres sont :
  1. La réinsertion scolaire, avec un programme de rattrapage scolaire pour les enfants ayant encore l’âge scolaire ;
  2. Pour ceux ayant dépassé l’âge, une réinsertion professionnelle en couture, en menuiserie, en mécanique, en hôtellerie, en broderie et en tricotage, suivie d’une réinsertion communautaire ;
  3. La prise en charge médicale par l’infirmerie du centre et un système de mutuelle de santé dans un hôpital le plus proche des centres ;
  4. Un encadrement psychosocial avec des réunions cliniques hebdomadaires ;
  5. Le suivi des enfants dans des familles d’accueil ;
  6. L’appui en activité génératrice de revenu aux familles d’accueil, pour garantir le bon traitement des enfants qui leur sont confiés ;
  7. Un service de prise en charge et de protection contre le VIH SIDA.

Extrait du message du Maire de la ville de Goma :
« Je suis très heureux d’être ici pour accompagner ces enfants qui sont prêts à affronter la vie car ils y sont préparés. Je suis venu les soutenir et les encourager. Je ne suis pas contre les enfants, comme certains le pensent, par contre je combats leur vie dans les rues. La place des enfants est auprès des familles et des centres d’encadrement comme celui-ci pour que leur avenir soit assuré […] »

Le maire faisait allusion à sa polémique récente avec les Agences de protection de l’enfance. Depuis décembre 2008, il y a eu dans la ville de Goma une chasse aux enfants de la rue par la police sur son instruction. Ces enfants ont été amenés à Kinyogote à environ 15 km de la ville dans des conditions déplorables. Le but était de se débarrasser de ces enfants et de leur petite délinquance, sujet récurrent de plaintes, pour « laisser les habitants bien passer les fêtes du nouvel An ».

Cette action a été qualifiée d’inadmissible par l’ensemble des Agences de protection de l’enfant, dont Children’s Voice. Presque 2/3 des enfants avaient pris le risque de regagner la ville à la nage et un s’était noyé.
Ainsi donc, ce 21 mars 2009, la remise des brevets à ces enfants dont la plupart étaient des enfants de la rue avant d’être accueillis chez nous, il y a six mois, a été un premier signe de réconciliation entre le maire de la ville, les enfants et Children’s Voice.
Children’s Voice
Mars 2009

Documents
Loi sur la protection de l’Enfant du 10 janvier 2009, publiée au Journal Offciel de R.D. Congo, le 12 janiver 2009 J.O. : 20 pages à télécharger en deux parties : [PDF p. 1-10, 700 Ko] et [PDF p. 9-20, 764 Ko]

10 mars 2009

Les enfants des rues pourchassés à Goma

Le Maire de Goma fait la chasse
aux enfants des rues


Passant outre l’avis des ONG de protection de l’enfance, le Maire de Goma a pris en décembre 2008 une mesure d’éloignement des enfants de la rue dans une localité située à 15 km de Goma, à Kinyogote. Plus de 300 enfants âgés de 10 à 18 ans auraient ainsi été chassés du centre-ville. Les enfants des rues sont souvent des enfants délinquants, c’est un phénomène de survie, universel et inévitable dès lors qu’ils n’ont même pas la possibilité de manger à leur faim.

Les associations de défense des enfants dénoncent dans cet éloignement forcé une fausse solution qui ne règle rien mais qui met ces enfants en danger en les stigmatisant encore plus au lieu de leur apporter l’aide et l’assistance qui devraient leur être apportées. Les ONG observent que cette mesure constitue une grave violation des droits de l’enfant par rapport aux lois et aux traités qui engagent la responsabilité de la mairie — comme du pays — en matière de protection de l’enfance et de respect des droits humains.

Children’s Voice et les autres associations de défense des enfants à Goma proposent de répondre à ce problème bien réel en s’attaquant aux causes de la misère et la délinquance de ces enfants, en commençant par leur offrir une aide et un accompagnement social avec pour objectif la réinsertion scolaire des plus jeunes et une formation professionnelle pour les plus âgés. Dans l’immédiat, elles demandent l’amélioration des conditions d’accueil et de séjour au centre de Kinyogote.


Lire

Documents

Loi sur la protection de l’Enfant du 10 janvier 2009, publiée au Journal Offciel de R.D. Congo, le 12 janiver 2009 J.O. : 20 pages à télécharger en deux parties : [PDF p. 1-10, 700 Ko] et [PDF p. 9-20, 764 Ko]

25 janvier 2009

Protection des enfants dits sorciers

Mécanismes de protection des enfants
accusés de sorcellerie


Goma-RDC : Le 20 janvier 2009, un atelier de réflexion a réuni des Autorités de base, des responsables des Églises et la Police Spéciale de Protection de l’enfant, en vue de définir et adopter des mécanismes qui protégeraient les enfants accusés de sorcellerie. Par son succès, cette réunion s’est transformée en Assises fondatrices.


La recrudescence des violences faites aux enfants accusés de sorcellerie se situe dans un contexte de crise créé par de nombreux problèmes sociaux, économiques, sécuritaires et politiques, à quoi s’ajoute un accroissement sans précédent de la pauvreté dans cette province du Nord-Kivu.

Cette maltraitance est pratiquée sur les enfants les plus vulnérables. Ce sont ceux qui sont sans famille tels que les orphelins, les enfants abandonnés, et ceux confiés aux familles pour des travaux de ménage. Mais il est établi, le doute n’est pas permis, qu’il y a aussi dans ces pratiques une volonté d’infliger des traitements inhumains et dégradant, d’humilier ces enfants et de déstabiliser toute la communauté à laquelle ils appartiennent.

Les violences utilisées contre les enfants accusés sont sans limites : ils sont torturés par des brûlures ou par la torture dite « kuchunda » (cogner la tête au mur) pour les faire avouer, ligotés et fouettés, privés de nourriture pendant des jours, on leur introduit de l’eau salée dans la voie anale pour purger le corps du mal, etc. Des maisons sont brûlées, des enfants et des familles sont chassés de leur toit. Par ailleurs d’autres mauvais traitements s’exercent chaque jour et nuit dans le milieu familial, dans des chambres de prière des églises et même dans les rues des villes et des campagnes de province. Toutes ces pratiques se font à la vue des autorités et de la communauté. La naissance continuelle de petites Églises est la cause de nouvelles accusations, comme moyen d’attirer les adeptes.

Pour lutter contre ce fléau, des assises ont été réunies et une stratégie a été définie sur le thème suivant : « Créer des mécanismes de protection de tous les enfants accusés de sorcellerie en impliquant les responsables des Églises et les autorités de base ainsi que la police ».


Le Procureur de la République met ici en garde la population qui se fait justice. Il a présenté les innovations de la nouvelle loi de protection de l’enfant qui place l’intérêt supérieur de l’enfant au-dessus de toutes considérations.

Des groupes de travail ont abouti à des résolutions et recommandations :
  • Implication des participants dans la protection des enfants accusés de sorcellerie et leurs familles
  • Dénonciation de tous les cas d’accusation de sorcellerie
  • Interdiction de la population à se faire justice et poursuite des accusateurs
  • Création des comités de suivi au niveau de tous les coins de la ville de Goma
  • Production des émissions éducatives sur la protection des enfants accusés de sorcellerie à la radio et à la télévision
  • Sensibilisation active de la population pour éradiquer ce phénomène ;
  • Vulgariser et mise en pratique la nouvelle loi de protection de l’enfant.
Children’s Voice
Janvier 2009


Documents
Loi sur la protection de l’Enfant du 10 janvier 2009, publiée au Journal Offciel de R.D. Congo, le 12 janiver 2009 J.O. : 20 pages à télécharger en deux parties : [PDF p. 1-10, 700 Ko] et [PDF p. 9-20, 764 Ko]

Children’s Voice, Goma, RDC - http://children-voice.org « Protéger l’enfant à tout prix »