03 novembre 2008

Children's Voice a rouvert ses centres à Goma

Réouverture des deux centres refuges
de Children’s Voice à Goma



Rappel
L’arrivée des troupes rebelles aux portes de la ville le lundi 27 et le repli de l’armée ont provoqué un vent de panique, et tous ceux qui l’ont pu ont prudemment fermé leurs maisons et fui avec leurs familles. Malgré le cessez-le-feu du côté des rebelles du CNDP de Laurent Nkunda, les trois jours qui ont suivis ont été marqués par les nombreuses exactions des éléments incontrôlés [cf. FIDH].


Le centre-ville de Goma vu du quartier de Bujovu
Nous avons rouvert aujourd’hui nos deux centres refuges à Goma avec l’équipe au grand complet (31 personnes plus 20 bénévoles). Après une semaine de fermeture à cause des menaces de guerre et des violences en ville, presque tous les enfants sont revenus. Il n’en manquait qu’une dizaine sur les 630 inscrits dans les classes de soutien scolaire ou de formation professionnelle. Pour eux tous, comme pour nous, ce fut une journée de retrouvailles et de réconfort.

Partout on commence l’inventaire des pertes et des dégâts. Un des membres de notre équipe, très choqué, a perdu son frère et la famille de celui-ci, qui ont été massacrés dans leur maison, à Goma, la nuit de mercredi (le 29/11/2008), par un groupe d’hommes armés. Ils ont tué tout le monde : sept personnes, femme et enfants compris dont un bébé de six mois. Une 8e victime est encore a l’hôpital. Notre collègue a quand même tenu à venir travailler. On ne connaît pas le motif du massacre, ni les coupables.

C’est maintenant la Monuc et la Police qui assurent ensemble la sécurité. La Garde nationale et l’armée (FARDC) auraient été priées de rester en dehors de la ville. Il y a des chars de la Monuc à chaque carrefour. Un couvre-feu a été décrété de 23h à 5h. La vie commence à reprendre petit à petit. La situation tend au calme mais avec le blocage des négociations, le climat devient encore tendu et la peur est toujours présente. Les nouveaux réfugiés ont commencé à retourner chez eux en profitant d’un couloir humanitaire mis en place sur l’axe Goma-Rutshuru, et les ONG ont entrepris le recensement des besoins de ceux qui restent ou qui ne peuvent pas rentrer dans leurs villages.

Nous avons hâte que le calme revienne pour réorganiser l’action de la Commission régionale de la Protection de l’Enfance avec les APE (Agences de protection de l’enfance) pour assurer l’aide d’urgence aux très nombreuses familles dispersées (dans la fuite et dans la foule, sur les routes et dans les champs, les enfants se perdent facilement).

Aujourd’hui, nous n’avons pu avoir qu’une demi-heure de connexion Internet, juste le temps de voir que la boite E-mail de CV est remplie des messages de solidarité de nombreux correspondants de nombreux pays. Un très grand merci à tous pour votre soutien.

Children’s Voice, par téléphone



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La zone de conflit

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