05 juillet 2008

Campagne nationale zero enfants-soldats

RDC : Lancement d’une campagne nationale
« Zéro enfant-soldat »


Une campagne « Zéro enfant associé aux forces et groupes armés » a été lancée ce samedi 21 juin 2008 à l’hôtel Karibu par l’Unité d’exécution du Programme National de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (UEPN-DDR), en présence d’enfants qui portaient sur leurs tee-shirts le message suivant : « Un stylo et un cahier aux enfants et non une arme ».


Enfants-soldats africains
L’Unicef, la Monuc, la Banque Mondiale, les Agents de protection de l’enfance, la Société Civile et les groupes armés ont participé à cette manifestation.

Cette campagne de sensibilisation est destinée à sortir tous les enfants de forces et groupes armés disséminés dans le pays. Lancée à l’occasion de la Journée de l’enfant africain, elle vise à « ce qu’il n’y ait plus aucun enfant-soldat à la fin 2008 », comme l’a affirmé son initiateur, Alphonse Tumba Luaba, le directeur du PNDDR.

« Près de 30 000 enfants ont été sortis des groupes armés en RDC depuis 2001, dans ce pays ravagé par deux guerres successives (1996-97 et 1998-2003) et dont les régions de l’est sont encore le théâtre d’affrontements réguliers entre l’armée nationale et des milices locales et étrangères », a-t-il rappelé.

Tumba Luaba estime entre 3 000 et 6 000 le nombre d’enfants encore présents dans les différents groupes armés. « Nous disons stop aux saccageurs, aux violeurs d’enfants », a-t-il ajouté, rappelant que la conscription d’enfants de moins de 15 ans et leur utilisation dans des conflits constituaient un crime de guerre et un crime contre l’Humanité.

« Mais, soyons lucides. Cet objectif ne sera pas atteint tant qu’il y aura des groupes armés. C’est pourquoi, nous allons travailler avec le programme Amani (nom du processus de paix en cours dans l’Est de la RDC) pour inciter tous les groupes armés congolais à libérer immédiatement les enfants et à cesser tout recrutement ».

En janvier 2008, à l’issue de la conférence sur la paix et la sécurité tenue à Goma, au Nord-Kivu, les groupes armés congolais des provinces des Nord et Sud-Kivu avaient signé un acte d’engagement en faveur de la paix et un cessez-le-feu immédiat. Ces accords prévoyaient notamment l’arrêt de tout recrutement et la libération immédiate des enfants se trouvant dans leurs rangs.

La Monuc et l’Unicef, ont appelé une nouvelle fois « tous les signataires de ces processus de paix à respecter leurs engagements ».

Il semble que ce soit la troisième fois que la RDC s’engage dans une telle campagne pour démobilisation et la réinsertion des enfants associés aux forces et groupés armés (voir les deux communiqués de presse de Human Rights Watch du 5 juin 2001, et d’Amnesty International du 11 octobre 2006).
Children’s Voice, le 23 juin 208


- Liens

Children’s Voice, Goma, RDC - http://children-voice.org « Protéger l’enfant à tout prix »