30 avril 2008

Appel de dons pour le centre Bujovu

Appel de dons pour la sécurisation
du centre de Bujovu à Goma
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Nous lançons une campagne de don pour l’aménagement de notre second centre d’accueil des orphelins et enfants vulnérables.

Dans le contexte difficile de la crise du Nord-Kivu, grâce à une forte mobilisation de la société civile de la ville de Goma et à la persévérance de ses membres, Children’s Voice a déjà pu ouvrir et faire fonctionner dans l’urgence deux centres pour les enfants des quartiers les plus pauvres de la ville de Goma : celui de Virunga, ouvert fin 2006 sur un terrain donné par l’Évêque du Diocèse de Goma, où nous encadrons 350 orphelins et enfants vulnérables, et celui de Bujovu ouvert fin 2007 qui en accueille 200 autres sur un terrain donné par le Maire de la ville de Goma. Un troisième terrain offert par le Gouverneur de la Province du Nord-Kivu permettra d’étudier un nouveau projet.

Dans nos deux centres, les enfants sont désormais encadrés par une équipe d’une quinzaine de professionnels qui leur apportent une assistance psychosociale et sanitaire, assurent la réinsertion scolaire des enfants les plus jeunes et donnent une formation professionnelle aux plus grands. En plus de l’accueil de ces 550 enfants, notre programme d’alphabétisation accueille et forme 400 jeunes filles et femmes et notre action communautaire.

Les besoins pour récupérer, encadrer et éduquer ces enfants sont énormes, et bien que l’action reconnue de Children’s Voice soit heureusement de plus en plus soutenue par divers programmes des ONG internationales de la place, nous devons compter sur nos propres ressources. Et actuellement, la première de nos priorités est la sécurisation du centre Bujovu. Deux salles de classe, un bureau et quatre latrines ont été construits avec l’aide de la Monuc mais le centre n’est pas clôturé, ce qui expose les enfants et rend difficile leur surveillance et leur protection. C’est pourquoi nous sollicitons votre contribution pour la construction du mur d’enceinte (cf. devis en annexe).

Toute participation quelle qu’elle soit sera hautement appréciée. Les dons en nature (sacs de ciment) peuvent être déposés au bureau de Children’s Voice ou enlevés par nos soins. Les dons financiers peuvent être versés directement par virement sur notre compte bancaire, en espèces par Western Union. Merci de préciser « Pour CV — Centre Bujovu ».

La liste de tous les contributeurs sera publiée, sauf en cas de volonté contraire pour un don anonyme, et la construction du mur sera suivie en direct sur le site.

Children’s Voice




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Pour information, en 2006, une campagne similaire avait permis de construire de mur de clôture du centre Virunga. Le résultat avait été exemplaire avec les contributions en nature (sacs de ciment) ou financière de nombreux commerçants de la ville Goma, de partenaires et de simples citoyens même à l’étranger.

24 avril 2008

Re-enrolements d’enfants soldats en RDC

Aux Kivu, le ré-enrôlement des enfants
serait-il un nouveau moyen d'obtenir des avantages ?



Depuis environ deux mois, des enfants sont recrutés sur plusieurs axes des deux provinces du Kivu. Au Nord comme au Sud-Kivu, on parle de centaines d’enfants.

La conférence sur la Paix et la Sécurité tenue du 6 au 23 janvier 2008 s’est conclue avec l’engagement des groupes armés de procéder à la libération inconditionnelle et immédiate de tous les enfants associés aux forces et groupes armés et de ne plus en recruter d’autres parce que cette pratique constitue un crime de guerre et un crime contre l’Humanité.

Après la dite conférence, les APE se sont mobilisés pour établir un plan de contingence pour accueillir un afflux possible d’enfants libérés des forces et groupes armés.

La libération à compte-gouttes des enfants qui a suivi la conférence a été le début des inquiétudes pour les agents de Protection de l’Enfance qui s’attendaient à plus que ça. Peu de temps après, on a observé que c’était les enfants déjà réinsérés dans les familles dans les zones insécurisées qui étaient menacés et de nouveau forcés au recrutement.

Dans les centres de transit et d’orientation (CTO) plusieurs enfants associés aux forces et groupes armés (EAFG) attendent toujours d’être réunifiés mais la persistance de l’insécurité dans ces deux provinces retarde ce travail.

Au Sud-Kivu, l’enrôlement est beaucoup plus visible dans la zone de Walungu, Mwenga et Shabunda. Au Nord-Kivu, les axes les plus concernés sont Bweremana-Minova, l’axe au bord du lac Kivu vers Walikale ; et dans le territoire de Rutshuru, surtout l’axe Nyamilima – Kiwanja.

Selon des informations, l’axe Nyamitwitwi à lui seul aurait plus de 300 enfants enrôlés avec un nouveau groupe Maï-Maï qui vient de prendre naissance et qui aurait comme chef le Colonel Complé. Des responsables des écoles primaires et secondaires de plusieurs localités ont confirmé des disparitions d’élèves depuis quelques semaines.

Pourtant, avec l’accalmie qui règne depuis les accords de la conférence, les groupes armés ne préparent pas de nouveaux combats. Ils ont tous adhéré au processus de brassage (intégration dans l’armée nationale) prévu dans le programme Amani (chargé de la mise en œuvre des accords de paix), et préparé par la Commission Technique Mixte Paix et Sécurité.


Pourquoi alors ce nouveau recrutement massif des enfants ?
Selon les analyses, les communautés qui auraient peur d’être dominées par des forces appartenant à des communautés adverses, seraient prédisposées à livrer leurs enfants pour être certaines d’avoir un groupe à elles.

Ceci expliquerait le cercle vicieux actuel des deux provinces : des enfants sont réinsérés ; les mêmes enfants, poussés ou enlevés, repartent dans la forêt chez les groupes armés, une semaine après ; seuls les plus faibles d’entre eux ne résistant pas aux conditions de vie sont rendus à la Monuc ; laquelle Monuc les remet encore une fois aux APE (Agences de protection de l’enfance) chargées de leur réinsertion dans leur famille ; familles ou communautés d’où ils sont encore une fois renvoyés ou enlevés pour servir les groupes armés.


Effets pervers sur le dos des enfants
Il se dit que certaines familles seraient motivées par le kit de réinsertion que les enfants ramènent après la démobilisation. Mais une raison beaucoup plus profonde serait l’intérêt que les groupes armés croient avoir à recruter des enfants pour renforcer leurs effectifs qu’ils jugent insuffisants pour profiter des avantages qu’ils attendent des accords de paix.

En effet, les accords de la conférence de la paix ont prévu que le crédit futur et les grades militaires futurs de leurs chefs lors du brassage dans l’armée seraient évalués en fonction des forces de chaque groupe, c’est-à-dire du nombre d’hommes de chaque commandement.

Les APE, encore une fois indignés par cette pratique, étudient de nouvelles stratégies pour faire face à ce nouveau défi. Elles lancent un cri d’alarme et font appel à la Commission Technique Mixte Paix et Sécurité pour dénoncer ce comportement qui expose de plus en plus les enfants et demandent de sanctionner et de dégrader ceux qui se retrouveraient avec les enfants dans leurs rangs.

Les APE implorent les communautés locales de ne pas livrer les enfants et demandent à leur chef de refuser toute manipulation des opportunistes qui utilisent les enfants pour leurs fins politiques.

Les APE envisagent des séances de sensibilisations communautaires, de plaidoyer ainsi que de stratégies pour réduire si pas mettre fin à cette pratique.
Children’s Voice

23 avril 2008

Une forte initiative des ONG pour la RDCongo

RD Congo : Il faut mettre fin aux effroyables souffrances à l’Est du Congo
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Communiqué de presse : 63 ONG demandent la nomination d’un Conseiller spécial indépendant pour la défense des Droits humains, qui restent jusqu’à présent les grands oubliés des négociations en cours.


Londres, le 23 avril 2008

Le gouvernement de la République, les groupes armés et les parties internationales à l’accord de paix de Goma devraient de toute urgence appliquer l’accord et mettre fin aux effroyables souffrances endurées par des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants victimes de violences brutales et de maladies mortelles dans l’Est du Congo, ont déclaré aujourd’hui dans un communiqué commun 63 organisations internationales et congolaises humanitaires et de défense des droits humains.

Ces organisations non gouvernementales recommandent vivement aux Nations Unies et aux acteurs internationaux qui ont aidé à négocier l’accord de Goma de nommer un conseiller spécial indépendant de haut niveau sur les droits humains pour l’Est du Congo afin de concentrer son attention sur la protection des civils en danger, en particulier les femmes et les filles exposées aux violences sexuelles, et de garantir des actions en ce sens. Elles ont également demandé aux acteurs internationaux tels que l’Union Africaine, l’Union européenne et les États-Unis d’appuyer cette nomination tant sur le plan politique que financier.

« Des centaines de milliers de victimes se sont raccrochées à l’espoir que l’accord de paix mettrait fin à leur souffrance. Malheureusement, aucun progrès significatif n’a été opéré du point de vue des engagements en matière de droits humains », a déploré Anneke Van Woudenberg, chercheuse principale sur la RDC à Human Rights Watch. « Nous recommandons vivement la nomination immédiate d’un conseiller spécial indépendant sur les droits humains qui serait chargé d’aider les parties à honorer leurs engagements en matière de droits humains et de faire entendre la voix des victimes qui souffrent en silence. »


Rappel
Le 23 janvier dernier, après des semaines de pourparlers, le gouvernement congolais a signé un accord de paix à Goma, dans le Nord-Kivu, avec 22 groupes armés, engageant toutes les parties à un cessez-le-feu immédiat ainsi qu’au désengagement des forces présentes sur le front. Pourtant, depuis la signature de l’accord, des dizaines de civils ont été tués, des centaines de femmes et de filles violées et un nombre encore plus important d’enfants recrutés au sein des forces armées, ajoutant ainsi au nombre extraordinairement élevé de civils déjà victimes de ces mêmes crimes au cours des dix dernières années.

Selon les estimations, les provinces du Nord et du Sud-Kivu compteraient 1,1 million de personnes déplacées, dont 555 000 qui ont fui les combats depuis 2007. La malnutrition, le choléra, la malaria et autres maladies évitables sèment la mort parmi ces déplacés à un rythme inquiétant.

« Il s’agit d’une catastrophe humanitaire d’une énorme ampleur. Elle requiert une action urgente et concrète de toutes les parties à l’accord ainsi que de la communauté internationale », a déclaré Colin Thomas-Jensen, conseiller politique de ENOUGH, un projet visant à mettre un terme au génocide et aux crimes contre l’humanité. « Obtenir la signature d’un accord par les parties a constitué un premier pas important mais aujourd’hui, nous devons passer à l’étape suivante et aider les gens à rentrer chez eux tranquillement, en toute sécurité. »


Investir dans les droits humains est indispensable pour la paix
Les agences humanitaires se heurtent toujours à des difficultés pour accéder aux civils en danger et les défenseurs des droits humains qui ont exprimé leur inquiétude face aux exactions sont victimes de menaces et de harcèlement. Les groupes armés ainsi que les militaires congolais continuent à exploiter illégalement les ressources naturelles et à se servir des profits engrangés pour alimenter le conflit.

Les envoyés spéciaux de l’Union Africaine, de l’Union européenne, des États-Unis, des Nations Unies et de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs ont joué un rôle crucial dans la négociation de l’accord de Goma. Ils ont accepté de continuer à jouer un rôle actif dans le contrôle et la mise en œuvre de ses dispositions.

Aux termes de l’accord, les parties se sont engagées à respecter le droit international humanitaire et des droits humains, notamment à mettre un terme à tous les actes de violence à l’égard des civils, à mettre fin au recrutement d’enfants soldats, à assurer la libération des prisonniers politiques et à autoriser le passage des agences humanitaires.

La semaine dernière, Human Rights Watch a présenté des recommandations détaillées à M. l’Abbé Apollinaire Malu Malu, le coordinateur national indépendant nommé par le gouvernement congolais pour diriger les efforts de paix, ainsi qu’aux représentants de la communauté internationale, sur les possibilités de nommer un conseiller spécial indépendant sur les droits humains pour l’Est du Congo. L’organisation a exhorté M. l’Abbé Malu Malu à mettre en œuvre cette nomination, soulignant que puisque les préoccupations en matière de droits humains se retrouvaient au cœur du conflit, l’absence de réponse à ces questions pourrait conduire à l’échec du processus de paix.

Selon les options proposées, le conseiller spécial pourrait être nommé soit par les signataires de l’accord de Goma, soit par le Secrétaire général des Nations Unies, soit par les facilitateurs internationaux de l’accord.
Juliette Prodhan, responsable d’Oxfam en RDC, a relevé que « Sans la nomination d’un conseiller spécial sur les droits humains, il sera beaucoup plus difficile d’exiger des comptes des parties pout toute violation de l’accord de paix. Dans l’intérêt du peuple congolais et de toute la région des Grands Lacs, cet investissement dans les droits humains est nécessaire pour contribuer à prévenir le retour d’un conflit qui a déjà causé la perte de tant de vies humaines. »



Pour de plus amples informations, veuillez contacter :
  • Pour Human Rights Watch : Anneke Van Woudenberg à Londres au +44 20 7713 2786 ou +44 7711 664960 (anglais, français)
  • Pour Oxfam : Rebecca Wynn à Oxford au +44 1865 472530 ou +44 7769 887139 (anglais)
  • Pour CRONGD-North Kivu : Kubuya Muhangi à Goma au +243 (0) 99 861 0651 (français, swahili)
  • For Centre Olame (South Kivu) : Mathilde Muhindo, in Bukavu on +243 998755223 (français, swahili)
  • Pour Enough : Colin Thomas-Jensen à Washington au +1 202 682 6136 (anglais)
  • Pour Global Witness : Carina Tertsakian à Londres au +44 207 561 6372 (anglais, français)
  • Pour International Rescue Committee : Lydia Gomersall à Londres au +44 20 7692 2741 or +44 7779 855 021 (anglais, français)

_______________________
Ce groupe d’organisations internationales et congolaises humanitaires et de défense des droits humains réunit :

Des ONG internationales :
ActionAid International, the American Bar Association, Association of Volunteers in International Service (AVSI), CAFOD, ENOUGH, Front Line, Global Witness, Human Rights Watch, International Alert, International Rescue Committee, Oxfam International, Light of Africa Network, Medicos en Catastrofe (MEC), Mercy Corps, Norwegian Refugee Council (NRC), Population Services International/Association de Santé Familiale (PSI/ASF), Rights and Accountability in Development (RAID), Refugees International, Save the Children UK, Saving Lives through Alternate Options (SLAO), World Vision (Eastern DRC).

Des ONG congolaises :
Action Contre l’Impunité pour les Droits Humains (ACIDH), Action Pour la Promotion et la Protection de l’Enfant et de la Femme (APPEF), Action Sociale pour la Paix et le Développement (ASPD), Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO/SUD KIVU), Association des Filles et Mamans Victimes de Violence (AFMV), Association pour la Promotion de la femme et de l’enfant pour le développement durable (APROFED), Association des Volontaires du Congo (ASVOCO), Association des femmes Pour la Conservation de la Nature et le Développement Durable (AFECOD/CRAF), Campagne Pour la Paix, Change Agent Peace Program (CAPP), Centre d’Ecoute Hermone (CEH), Centre de Recherche sur l’Environnement, la Démocratie et les Droits de l’Homme (CREDDHO), Centre National d’appui au développement et à la participation populaire (CENADEP Kinshasa), Centre Olame, Children's Voice - Nord Kivu, Coalition Publiez Ce Que Vous Payez RDC, Commission Provinciale de Lutte Contre les Violences sexuelles au Sud Kivu (CPLVS), Comité des Observateurs des Droits de l’Homme (CODHO), Collectif des Organisations des Jeunes Solidaires du Congo Kinshasa (COJESKI Nord-Kivu), Commission Episcopale Justice et Paix, Conseil Régional des Organisations Non Gouvernementales de Développement (CRONGD-NK), Fondation Point de Vue des Jeunes Africains Pour le Développement (FPJAD), Group d’Etudes et d’Actions Pour un Développement Bien Défini (GEAD), Groupe Justice et Libération, HEAL Africa, Héritiers de la Justice, Ligue Congolaise pour la défense des droits de la femme et de la famille (LICODEFF/Kinshasa), Mamans Organisées pour le Développement (MAODE), Plateforme des Femmes du Nord Kivu pour un Développement Endogène (PEFND), Promotion de la Démocratie et Protection des Droits Humains (PDH), Promotion et Action des Femmes pour le Développement (PAFED), Promotion et Appui aux Initiatives Féminines (PAIF), Réseau Femme et Développement (REFED/Nord Kivu), Réseau des Associations de lutte contre les violences en général (RALCOVIG), Réseau Provincial des ONGs de Droits de l’Homme au Nord-Kivu (REPRODOC Nord-Kivu), Regard Rural Sans Frontière (R2SF/Sud-Kivu), Réseau d’Initiatives Locales pour le Développement Durable (REID), Réseau pour la Conservation et la Réhabilitation des Ecosystèmes Forestiers (CREF), Solidarité féminine pour la paix et le développement intégral (SOFEPADI), Solidarité Pour la Promotion Sociale et la Paix (SOPROP), Synergie des Femmes pour les victimes des violences sexuelles, Villages Cobaye (VICO).

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15 avril 2008

Un avion s’est écrasé sur Goma

Crash d’un avion dans un quartier populaire de Goma


Crash sur Goma


Un avion de la compagnie Hewa Bora vient de rater son décollage et s’est écrasé en plein cœur d’un quartier populaire et commercial à forte concentration humaine communément appelé Birere.

Il est encore difficile d’avoir le bilan de cet accident, mais on parle de dizaines de morts et de nombreux blessés.

Il était environ 14h45 ce 15 avril 2008, quand l’avion a destination de Kinshasa via Kisangani a semble-t-il raté son décollage sur l’aéroport international de Goma. Il s'est écrasé sur les maisons avant de prendre feu.

Toute la ville est endeuillée. Elle est toute entière suspendue à l'évolution de la situation. Toutes les boutiques, les magasins et autres commerces ont fermé.

Il y aurait eu 79 personnes à bord de l’avion dont deux enfants. Parmi eux, très peu de survivants mais les deux pilotes en auraient réchappé.

Children’s Voice
(Crédit photo Amanileo.org)


Pour en savoir plus
Sur Amanileo.org, l’article de Délion avec de nombreuses photos : « Un avion fait plusieurs morts à Goma »

09 avril 2008

Un nouveau kidnapping d’enfant à Goma

Jonathan, 10 ans, enlevé devant son école



Jonathan, âgé de 10 ans, fils d’un homme d’affaire connu, a été enlevé devant son école vers 12 h 30 alors qu’il allait rentrer chez lui. Jusqu’au soir, les parents, les amis de la famille, les autorités de l’école, les agents de Children’s Voice sont restés dans une grande inquiétude.

L’école privée des Volcans est située à 500 m du bureau de Children’s Voice. Le choc a été grand dans tout le quartier.

Vers 22 heures, les agents de la sécurité ont communiqué des informations fiables sur le ravisseur : il s’agirait d’un jeune homme âgé 19 ans dénommé Amani, il serait à Gisenyi au Rwanda et l’enfant aussi. Comment a-t-il passé la frontière entre la RDC et le Rwanda ? Le ravisseur aurait pris contact avec les parents et exigé une rançon de 100 000 dollars américains. Il aurait expliqué qu’il avait été victime de l’abandon de ses parents, séparés depuis sa petite enfance, et qu’il aurait besoin d’argent pour quitter le pays.

Très tôt le lendemain matin, il a été arrêté par la Police de Gisenyi. Ce matin l’enfant a été remis à sa famille.

À la frontière, du côté de la RDC, une grande foule attendait le retour de l’enfant, du jeune ravisseur et c’est toute une délégation qui les a accueillis, composée du Gouverneur de la Province, du Maire de la Ville de Goma, des agents de sécurité, de la police congolaise et des agents de Children’s Voice. Il était 10 h 30.


Belle mobilisation des autorités

Children’s Voice se réjouit de la grande mobilisation des autorités de la province pour retrouver l’enfant Jonathan. C’est la première fois que notre ONG les voit se mobiliser aussi vite et aussi fort, et obtenir grâce à cela un résultat immédiat. Nous nous réjouissons de voir que nous ne serons plus seuls à nous débattre comme jusqu’à présent dans les cas précédents. Nous espérons que des leçons en seront tirées et que la sécurité sera renforcée au niveau de la frontière et dans toute la province.

Nous suivons l’évolution de cette affaire et vous tiendrons informés sur l’état de Jonathan et les conditions de son enlèvement. Ainsi que la réaction de ses camarades.

Il ne nous a pas été permis de prendre de photos. Et nous respectons les exigences de la famille pour la protection de la victime.
Children’s Voice

04 avril 2008

Nouvelle étape vers la paix dans les Kivu

Lancement de la Commission Technique
Mixte Paix et Sécurité




La commission mixte, autrement connue sous le nom de « Programme Amani » est la suite de la conférence sur la paix, la sécurité et le développement des provinces du Nord et du Sud-Kivu du 6 au 23 janvier 2008 qui avait abouti à un acte d’engagement de tous les belligérants en conflit dans cette partie Est de la RDC. Son installation est la deuxième étape du processus de paix pour les Kivu.

Après la phase des négociations, arrive la phase des réalisations, au grand soulagement des populations. Pour saluer cet événement historique, nous avons repris ici avec son accord et avec nos remerciements l’essentiel d’un article de Délion Kimbulungu Lumpu sur amanileo.org — Crédit photo : amanileo.org.


La cérémonie officielle
La cérémonieDevant de nombreux ambassadeurs des pays membres de l’ONU, en présence du représentant des États-Unis et sous la présidence du Ministre d’État en charge de l’Intérieur, les groupes armés signataires des Actes d’engagement de Goma ont été invités ce jeudi 3 avril 2008 à prendre part à la première session ordinaire de la Commission Technique Mixte Paix et Sécurité.

Le Coordonnateur national du Programme AMANI, l’Abbé Apollinaire MUHOLONGU MALUMALU a exhorté les uns et les autres à œuvrer dans l’intérêt des populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu longtemps meurtries par les conflits. Il a précisé que, plus que les autres commissions prévues qui allaient aussi commencer à travailler, la Commission Technique Mixte Paix et Sécurité présente un enjeu majeur dont le résultat devrait permettre le retour rapide de la paix et de la sécurité dans les provinces du Kivu.

Le Vice-amiral Didier ETUMBA, Coprésident de la nouvelle commission, a transmis les remerciements du Gouvernement aux personnalités présentes représentant la Communauté Internationale dont la mobilisation a été jugée inestimable. Il a appelé les différents groupes armés à faire en sorte que la RDC serve d’exemple aux efforts de résolution des conflits.


L’Union Européenne dénonce la « folie des hommes en armes »
Les émissaires étrangersL’Ambassadeur de France, Monsieur Prévot, a eu des propos durs à l’endroit de ceux qui continuent à commettre des exactions, tueries, viols, rackets et à entretenir des foyers de tension dans les zones du Nord et du Sud-Kivu. Pour le diplomate français, cette situation doit cesser « car le monde n’accepte plus que des hommes soient livrés à la barbarie de la part d’autres hommes, surtout de leurs frères ».


1 million de dollars pour le Programme AMANI
Alan DossLe Représentant Spécial du secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur Alan DOSS, reconnaissant les avancées constatées sur la voie de la paix à travers le Programme AMANI, a annoncé une contribution supplémentaire de la Communauté Internationale d’un million de dollars pour soutenir l’effort de paix en cours. Il a indiqué que les nations du monde gardaient les yeux braqués sur la partie Est de la RDC, attendant de voir la preuve de la volonté réelle des Congolais de s’entendre et de vivre ensemble.
L’envoyé spécial du Gouvernement américain, Monsieur SHORTLY, a réaffirmé son soutien au processus de paix, et le Ministre d’État en charge de l’Intérieur, Décentralisation et sécurité, Monsieur Dennis Kalume Numbi a décrit la sortie d’une crise profonde qui a détruit non seulement les infrastructures provinciales, mais aussi les rapports entre les communautés, avec l’État et qui longtemps privé les populations de la région de leurs droits à la vie. Il a transmis à tous les participants les félicitations du Chef de l’État pour leur prise de responsabilité dans le Programme AMANI.
Résumé de l’article de Délion Kimbulungu Lumpu
sur amanileo.org (cf. le premier lien ci-dessous)


Pour plus d’information

Children’s Voice, Goma, RDC - http://children-voice.org « Protéger l’enfant à tout prix »