02 février 2008

Un pédophile impuni dans une ONG

Un nouveau cas de pédophilie
dans une ONG internationale
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Ce dossier révèle tragiquement les contradictions de la mission de protection
des organisations internationales et le comportement parfois observé
sur le terrain de certains de leurs agents.


La JusticeAlors que la République Démocratique du Congo combat les actes de violence sexuelle en renforçant sa législation, qui auparavant ne condamnait que le viol commis par un homme sur une femme, en l’élargissant à toute violence de ce type en reconnaissant l’homme et la femme comme victime ou auteur et en aggravant les sanctions des coupables, on continue d’observer une augmentation de ces actes. Chose étonnante et grave, il arrive qu’on découvre que certains agents travaillant dans des structures pouvant aider ce pays à mieux appliquer sa réglementation ne la respectent pas eux-mêmes.

C’est sans pitié ni pardon que l’enfant AM de sexe masculin, âgé de 14 ans, orphelin de père, résidant dans la ville de Goma, dans un petit abri provisoire au sein d’un camp misérable des sinistrés de l’éruption du volcan Nyiragongo de 2002, a été violé sexuellement par un fonctionnaire européen d’une ONG internationale dont nous préserverons ici l’anonymat.

Les faits se sont déroulés à partir du mois de juillet 2006 jusqu’en juin 2007. Monsieur X a abusé l’enfant par sodomie pendant tout ce temps. Il profitait de son immaturité et de sa fragilité affective en utilisant une stratégie de promesse de cadeaux à chaque rencontre. La famille de l’enfant s’est rendu compte de la réalité quand sont apparus des problèmes d’hémorragie anale et de douleurs au bas-ventre.

Ne connaissant pas la procédure judiciaire, sa mère et son oncle sont allés porter plainte à un bureau de renseignement (ANR). Intimidé par l’action, X a pu éviter de se présenter à ce bureau en se faisant représenter par un collègue de travail, Monsieur Y, fonctionnaire du même organisme international. Ce dernier a ensuite entrepris de contacter la famille de la victime pour garantir la prise en charge des soins de l’enfant et l’auteur principal s’est enfui. Passant outre la procédure normale du bureau, Y a prétendu à cette pauvre famille que l’affaire avait déjà fait l’objet d’un compromis avec l’ANR, sans qu’elle y ait été associée pas plus que la victime.

Aujourd’hui encore l’enfant souffre sérieusement. Il a été soigné traditionnellement [c.-à-d. par la médecine locale] à Bukavu par manque de moyens financiers, mais sans succès. Son entourage s’efforce de le soutenir mais il faudra encore l’aider longtemps à regagner sa dignité, son amour-propre et à revivre des relations sécurisantes avec les adultes. C’est un long travail de reconstruction qui doit être fait par la victime, avec sa famille et dans sa communauté.

Saisie du dossier, Children’s Voice a réactivé l’action au niveau du Parquet de grande instance, sans garantie de succès car il implique un Européen salarié d’une ONG internationale, qui a peut-être cru pouvoir profiter de la culture de l’impunité dans la région qui pourtant ne durera pas toujours. Pour étudier et renforcer les possibilités de poursuites du pédophile dans son propre pays, CV a également communiqué son signalement à ses partenaires en Europe, tout en rendant les faits publics par cet article sur Internet.

L’ONG qui emploie cette personne (et son collègue complice) devra aussi agir : non seulement elle en est aussi victime pour son image mais, une fois officiellement informée, sa responsabilité pourrait être engagée en cas de récidive ailleurs de son salarié, ce qui est notoirement inévitable dans le cas des pédophiles impunis.

Que ce soit en RDC ou dans son propre pays, la justice et la réparation dues à cet enfant seront rendues car elles sont indispensables à sa reconstruction, et parce qu’on ne peut pas laisser impuni un esprit aussi nuisible, capable comme l’a vu ici, de détruire toute une vie, sans pardon ni pitié.

Antoine Famba,
Children’s Voice



Pour plus d’information

Actions publiques et actions juridiques
  • INTERPOL – Le 7 nov. 2007, l’Assemblée générale d’Interpol à Marrakech a décidé de rééditer les appels au public pour identifier les pédophiles - Communiqués d’Interpol
  • Bureaux ou services reliés à Interpol, pays par pays (à mobiliser en priorité)
  • Child Focus, le Centre Européen pour Enfants Disparus et Sexuellement Exploités (Belgique)
  • Enfants kidnapés, avec beaucoup d’information et l’analyse des stratégies des pédophiles (Belgique)
  • Beyond Borders Inc (Canada)
Prévention et communication

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Children’s Voice, Goma, RDC - http://children-voice.org « Protéger l’enfant à tout prix »