25 février 2008

Le développement du Centre Virunga

Premiers effets du projet
OEV/Unicef 2007-2008

(Extrait du rapport intermédiaire)


Depuis le 1er novembre 2007 et jusqu’au 30 avril 2008, le centre Virunga qui encadre 330 orphelins et enfants vulnérables (OEV) bénéficie d’un financement de l’Unicef dans le cadre d’un programme intitulé : « Appui à l’encadrement psychosocial et réinsertion scolaire des enfants orphelins et autres enfants vulnérables de la ville de Goma ».

Dès l’ouverture du centre en octobre 2006, nous avons progressivement organisé en priorité la remise à niveau scolaire des enfants. Ils sont groupés en trois niveaux comprenant deux classes de niveau 1, une classe de niveau 2 et une classe de niveau 3 qui les prépare à l’examen du TENAFEP (Test National de Fin de l’Éducation Primaire). Une cinquième classe, de maternelle, accueille les enfants d’âge préscolaire.

Grâce au financement de l’Unicef, l’accueil des enfants a pu être nettement amélioré et ils en ressentent un grand soulagement.

Sur le plan de l’équipement, deux nouveaux ateliers ont été créés pour offrir une formation professionnelle aux enfants ayant dépassé l’âge scolaire. Un atelier de couture et l’autre de menuiserie leur donnent une meilleure chance de préparer leur avenir en apprenant ces métiers. Deux salles en sheeting et une autre en dur qui était restée inachevée ont été réhabilitées, et des pupitres ont été installés dans les classes (auparavant, les enfants écrivaient sur leurs genoux).

Sur le plan de l’encadrement des enfants, ils ont tous été équipés d’un kit scolaire et ces OEV qui avaient des habits en lambeau et qui marchaient en majorité pieds nus ou avec de vieux souliers ramassés dans des poubelles, ont aussi reçu un kit d’uniforme et des souliers ketches. Ils sont très contents de porter l’uniforme national des élèves. Ceux du niveau 3 sont les plus heureux. Ils ne seront plus marginalisés au moment de l’examen du TENAFEP, et ils se sentent maintenant les égaux des autres élèves des écoles publiques et privées.
Nous vous présentons ci-dessous une sélection de photos qui illustrent toutes ces évolutions des activités du Centre.



Pour être complet, signalons qu’il nous reste un problème majeur à résoudre à Virunga avec les latrines. Les 330 enfants, filles et garçons, utilisent un seul w.-c., ce qui les expose à des risques importants. La construction d’une installation correcte n’ayant pas pu être prise en charge dans le cadre de ce projet, nous continuons à rechercher activement le budget nécessaire.

Nous témoignons ici de notre reconnaissance à l’UNICEF pour tous les progrès déjà accomplis grâce au lancement de ce projet sur six mois.

Children’s Voice

03 février 2008

Une semaine après la conférence

L’attente (8)


Une semaine après la conférence sur la paix des Kivus, la composition du comité de suivi des résolutions toujours attendue.
L’Est de la République Démocratique du Congo est appelé à tourner la page après l’engagement et la volonté des protagonistes de déposer les armes pour rejoindre les rangs de l’armée régulière et la cohabitation pacifique des différentes communautés ethniques.
Une semaine après la clôture de la Conférence de Goma sur la paix, la sécurité et le développement du Nord et du Sud-Kivu les travaux du Comité de Suivi qui devaient accompagner les accords n’ont pas commencé.
Des groupes armés attendent impatiemment l’ordonnance présidentielle sur la composition du dit Comité de Suivi des résolutions de ce forum. Des réunions se sont poursuivies en début de cette semaine pour la programmation des activités prévues parla conférence.

SéminaireÀ Goma, Woodrow International Center For Scholars [qui travaille avec l’ESSEC-IRÉNÉ, ndr] a organisé, du 28 janvier 2008 au 2 février 2008, un séminaire qui a réuni les représentants de la société civile, des mouvements politico-militaires et des groupes armés du Nord et du Sud-Kivu sur les principes de vulgarisation des résultats des travaux de la Conférence de Goma.
La population se réjouit que depuis la fin de la conférence, le 23 janvier, aucun affrontement majeur n’a été signalé entre l’armée et les groupes armés, aucun village n’a été attaqué. C’est l’un des résultats des travaux de la conférence.
Les agents de protection de l’enfance (APE) s’organisent et pensent à un plan de contingence pour l’accueil des enfants qui seraient libérés en masse. Pour eux le comité de Suivi devrait commencer. Attendre trop longtemps risque de fragiliser les engagements et de retarder la libération des enfants.

Children’s Voice


Liens UTILES

Revue de presse du 3 février 2008
— [02/02/08] Amanileo : Renforcer les effets de l’acte d’engagement
— [03/02/08] Amanileo : L’acte premier du Suivi de la Conférence de paix
— [02/02/08] Wilsoncenter : ILCCE Recognized by French Foreign Minister

Kouchner à Goma avec ILCCE

02 février 2008

Un pédophile impuni dans une ONG

Un nouveau cas de pédophilie
dans une ONG internationale
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Ce dossier révèle tragiquement les contradictions de la mission de protection
des organisations internationales et le comportement parfois observé
sur le terrain de certains de leurs agents.


La JusticeAlors que la République Démocratique du Congo combat les actes de violence sexuelle en renforçant sa législation, qui auparavant ne condamnait que le viol commis par un homme sur une femme, en l’élargissant à toute violence de ce type en reconnaissant l’homme et la femme comme victime ou auteur et en aggravant les sanctions des coupables, on continue d’observer une augmentation de ces actes. Chose étonnante et grave, il arrive qu’on découvre que certains agents travaillant dans des structures pouvant aider ce pays à mieux appliquer sa réglementation ne la respectent pas eux-mêmes.

C’est sans pitié ni pardon que l’enfant AM de sexe masculin, âgé de 14 ans, orphelin de père, résidant dans la ville de Goma, dans un petit abri provisoire au sein d’un camp misérable des sinistrés de l’éruption du volcan Nyiragongo de 2002, a été violé sexuellement par un fonctionnaire européen d’une ONG internationale dont nous préserverons ici l’anonymat.

Les faits se sont déroulés à partir du mois de juillet 2006 jusqu’en juin 2007. Monsieur X a abusé l’enfant par sodomie pendant tout ce temps. Il profitait de son immaturité et de sa fragilité affective en utilisant une stratégie de promesse de cadeaux à chaque rencontre. La famille de l’enfant s’est rendu compte de la réalité quand sont apparus des problèmes d’hémorragie anale et de douleurs au bas-ventre.

Ne connaissant pas la procédure judiciaire, sa mère et son oncle sont allés porter plainte à un bureau de renseignement (ANR). Intimidé par l’action, X a pu éviter de se présenter à ce bureau en se faisant représenter par un collègue de travail, Monsieur Y, fonctionnaire du même organisme international. Ce dernier a ensuite entrepris de contacter la famille de la victime pour garantir la prise en charge des soins de l’enfant et l’auteur principal s’est enfui. Passant outre la procédure normale du bureau, Y a prétendu à cette pauvre famille que l’affaire avait déjà fait l’objet d’un compromis avec l’ANR, sans qu’elle y ait été associée pas plus que la victime.

Aujourd’hui encore l’enfant souffre sérieusement. Il a été soigné traditionnellement [c.-à-d. par la médecine locale] à Bukavu par manque de moyens financiers, mais sans succès. Son entourage s’efforce de le soutenir mais il faudra encore l’aider longtemps à regagner sa dignité, son amour-propre et à revivre des relations sécurisantes avec les adultes. C’est un long travail de reconstruction qui doit être fait par la victime, avec sa famille et dans sa communauté.

Saisie du dossier, Children’s Voice a réactivé l’action au niveau du Parquet de grande instance, sans garantie de succès car il implique un Européen salarié d’une ONG internationale, qui a peut-être cru pouvoir profiter de la culture de l’impunité dans la région qui pourtant ne durera pas toujours. Pour étudier et renforcer les possibilités de poursuites du pédophile dans son propre pays, CV a également communiqué son signalement à ses partenaires en Europe, tout en rendant les faits publics par cet article sur Internet.

L’ONG qui emploie cette personne (et son collègue complice) devra aussi agir : non seulement elle en est aussi victime pour son image mais, une fois officiellement informée, sa responsabilité pourrait être engagée en cas de récidive ailleurs de son salarié, ce qui est notoirement inévitable dans le cas des pédophiles impunis.

Que ce soit en RDC ou dans son propre pays, la justice et la réparation dues à cet enfant seront rendues car elles sont indispensables à sa reconstruction, et parce qu’on ne peut pas laisser impuni un esprit aussi nuisible, capable comme l’a vu ici, de détruire toute une vie, sans pardon ni pitié.

Antoine Famba,
Children’s Voice



Pour plus d’information

Actions publiques et actions juridiques
  • INTERPOL – Le 7 nov. 2007, l’Assemblée générale d’Interpol à Marrakech a décidé de rééditer les appels au public pour identifier les pédophiles - Communiqués d’Interpol
  • Bureaux ou services reliés à Interpol, pays par pays (à mobiliser en priorité)
  • Child Focus, le Centre Européen pour Enfants Disparus et Sexuellement Exploités (Belgique)
  • Enfants kidnapés, avec beaucoup d’information et l’analyse des stratégies des pédophiles (Belgique)
  • Beyond Borders Inc (Canada)
Prévention et communication


Children’s Voice, Goma, RDC - http://children-voice.org « Protéger l’enfant à tout prix »