11 août 2007

Les rêves, les projets et la vision d’avenir des enfants du Centre Virunga

Clôture de la première étape d’encadrement


La journée du 28 juillet 2007 ne fut pas une journée comme les autres. Les enfants ont célèbré la fin de la première étape au centre qui fermait pour un mois de vacances. Ils ont chanté l’Hymne National : « Debout Congolais, unis par le sort, unis par l’effort pour l’Indépendance […] ».
L’invitation était la suivante :

« Cher partenaire,
Grâce à votre générosité, 330 orphelins et autres enfants vulnérables de 3 à 17 ans ont quitté la rue et trouvé un environnement protecteur, un goût à la vie et une dignité humaine ;
Avec votre assistance, ces enfants ont appris à lire et à écrire ;
Grâce à vous, ils ont eu la chance de s’épanouir et de développer différents talents tels que : dessin, art, acrobatie, musique, danse, sport, etc. ;
Avec votre appui, leur santé s’est améliorée ;
Grâce à vous, ils ont reçu un encadrement et une éducation appropriés,
Grâce à vous chacun d’eux a aujourd’hui un projet et une vision pour son avenir. »

« Pour toutes ces raisons, votre présence ce samedi 28 juillet 2007 comblera de joie ces enfants « revenus de loin » en cette journée qu’ils souhaitent partager avec vous à l’occasion de la clôture de cette première étape d‘encadrement, fiers de vous montrer les capacités acquises et le fruit de leur travail.

« C’est au « Centre pour Enfants Children’s Voice » sur l’avenue Coin du Marché au quartier Virunga dans la commune Karisimbi sur la route Kibarabara (ancien lycée Anuarite et Missionnaires Karacholini) à 9 h.
Soyez le bienvenu ».

En réponse, le Gouverneur de la province du Nord-Kivu, le chef de bureau de la Monuc, le représentant de l’Unicef, le commandant de la troupe Indienne de la Monuc, Heal Africa, World Vision, Light of Africa, la Division des Affaires Sociales et d’autres structures de l’État, les bienfaiteurs, les familles d’accueil et les parents survivants se sont mobilisés pour soutenir les enfants. Chacun a donné un mot d’encouragement aux enfants et au centre.

Sur la plateforme de jeu aménagé par l’armée Sud-Africaine, des jeux, des chansons, des danses, des exhibitions des jeunes acrobates ont égayé la journée. Tous ont dansé avec les enfants.



Les rêves, les projets et la vision d’avenir des enfants


Les enfants avaient été groupés en cinq classes : maternelle, Niveau I (2 classes A et B), Niveau II et Niveau III. Ils ont présenté leurs projets et vision d’avenir en s’exprimant en swahili (traduction de l’instituteur Franco).

- Je suis Kambale Héritier. J’ai 11 ans, j’étudie au centre Children’s Voice qui m’a récupéré de la rue au Niveau IB. Mes deux parents sont morts. Ma mère s’appelait Kabuo Mbaindiabo. Je ne connais pas le nom de mon père. Je porte le nom de mon grand-père. Je vis chez mon grand frère Mumbere. À la fin de mes études je serai magistrat.

- Mon nom est Christian Sengi, j’ai 9 ans. J’étudie dans ce centre au niveau IA. Ma mère Espérance Kanyere et moi vivons chez ma grand-mère. Mon père a disparu quand j’étais bébé, sûrement qu’il est déjà mort. Après mes études je serai ingénieur et construirai des bâtiments dans ce centre pour héberger d’autres enfants.

- Je m’appelle Debora Sabuni, j’ai 9 ans. J’étudie dans ce centre au niveau IB. Mon père Miche Sabuni est mort. Je reste chez ma grande sœur. Ma mère vit à Kanyabayonga. Loin de moi. Dieu aidant, à la fin de mes études, je serai infirmière accoucheuse.

- Mon nom est Sikiliza Sebahunde, j’ai 11 ans. J’étudie dans ce centre au niveau II. Mon père Sebahunde est mort pendant la guerre en 1996. Je vis chez ma sœur avec ma mère Georgette Nyirabishimbo. À la fin de mes études, je serai une institutrice pour enseigner les enfants.

- Je suis Kanyere Divine, J’ai 13 ans. J’étudie au niveau III. Mon père Mumbere est mort. Ma mère Henriette Kavira et moi vivons chez mon oncle, son frère. À la fin de mes études, je serai coordinatrice de ce centre et servirai les enfants.

- Je m’appelle Safi Buhendwa, j’ai 6 ans. Je termine la maternelle. Mon père Buhendwa a abandonné ma mère depuis des années et nous n’avons aucune nouvelle de lui. Peut-être qu’il n’est plus. Je vis avec ma mère chez sa sœur. À la fin de me études, je serai un médecin pour soigner les enfants.

- Mon nom est Ezéchiel Malinjia. J’ai 6 ans, je termine la maternelle. Ma mère est morte, mon père s’appelle Bonane Malinjia. À la fin de mes études je serai Président de la République.

- Je m’appelle Patrick Muhindo. J’ai 13 ans et j’étudie au niveau III. Je vis avec ma mère Justine Masika. Mon père Kambale Misiwangwa est mort. Je ferai des études de mécanique et serai pilote d’avion.

- Je m’appelle Jean Bahati, j’ai 15 ans. J’étudie dans ce centre au niveau II. Mon père Nicodème est mort avec cinq de mes frères et sœurs pendant la guerre en 1996. Je vis avec ma mère Félicité Nabuke. Je suis heureux de quitter la rue et d’apprendre à lire et à écrire. Je veux terminer mes études, aider ma famille et mon pays. Je serai Gouverneur de la province.



La dignité humaine, le goût de la vie !


Le dégoût de la vie n’a aucun projet, il amène à la révolte, au suicide, à la délinquance. Aucun de ces enfants n’a souhaité retourner dans la rue. Tous veulent se mettre au travail. Construire leur vie comme cette pyramide d’acrobate qu’ils viennent de réaliser pendant leurs jeux. Chacun a un objectif qu’il veut atteindre : finir ses études, être utile à lui-même, à la société et à son pays.

Ces rêves pourront-ils se réaliser au moins en partie ? Puissent le gouvernement, les bienfaiteurs, les hommes et femmes de bonne volonté qui leur ont rendu l'espoir, les y aider.

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Children’s Voice, Goma, RDC - http://children-voice.org « Protéger l’enfant à tout prix »