14 août 2007

Comment va-t-on faire ?

Besoin de relais


Maintenant nous sommes préoccupées pour trouver un bienfaiteur pour les activités du centre Bujovu. Et pour le centre Virunga aussi.

Comment démarrer les 2 centres en septembre ? Nous nous sommes débrouillées, les membres de Children’s Voice, pour payer nous-mêmes les encadreurs de Virunga et tous les besoins du centre toute l’année passée. Mais maintenant les besoins augmentent et la formation à un métier est indispensable pour les enfants dépassant l’âge scolaire. La tache n’est pas facile mais on garde espoir.

Christine Musaidizi, la Coordinatrice

11 août 2007

Les rêves, les projets et la vision d’avenir des enfants du Centre Virunga

Clôture de la première étape d’encadrement


La journée du 28 juillet 2007 ne fut pas une journée comme les autres. Les enfants ont célèbré la fin de la première étape au centre qui fermait pour un mois de vacances. Ils ont chanté l’Hymne National : « Debout Congolais, unis par le sort, unis par l’effort pour l’Indépendance […] ».
L’invitation était la suivante :

« Cher partenaire,
Grâce à votre générosité, 330 orphelins et autres enfants vulnérables de 3 à 17 ans ont quitté la rue et trouvé un environnement protecteur, un goût à la vie et une dignité humaine ;
Avec votre assistance, ces enfants ont appris à lire et à écrire ;
Grâce à vous, ils ont eu la chance de s’épanouir et de développer différents talents tels que : dessin, art, acrobatie, musique, danse, sport, etc. ;
Avec votre appui, leur santé s’est améliorée ;
Grâce à vous, ils ont reçu un encadrement et une éducation appropriés,
Grâce à vous chacun d’eux a aujourd’hui un projet et une vision pour son avenir. »

« Pour toutes ces raisons, votre présence ce samedi 28 juillet 2007 comblera de joie ces enfants « revenus de loin » en cette journée qu’ils souhaitent partager avec vous à l’occasion de la clôture de cette première étape d‘encadrement, fiers de vous montrer les capacités acquises et le fruit de leur travail.

« C’est au « Centre pour Enfants Children’s Voice » sur l’avenue Coin du Marché au quartier Virunga dans la commune Karisimbi sur la route Kibarabara (ancien lycée Anuarite et Missionnaires Karacholini) à 9 h.
Soyez le bienvenu ».

En réponse, le Gouverneur de la province du Nord-Kivu, le chef de bureau de la Monuc, le représentant de l’Unicef, le commandant de la troupe Indienne de la Monuc, Heal Africa, World Vision, Light of Africa, la Division des Affaires Sociales et d’autres structures de l’État, les bienfaiteurs, les familles d’accueil et les parents survivants se sont mobilisés pour soutenir les enfants. Chacun a donné un mot d’encouragement aux enfants et au centre.

Sur la plateforme de jeu aménagé par l’armée Sud-Africaine, des jeux, des chansons, des danses, des exhibitions des jeunes acrobates ont égayé la journée. Tous ont dansé avec les enfants.



Les rêves, les projets et la vision d’avenir des enfants


Les enfants avaient été groupés en cinq classes : maternelle, Niveau I (2 classes A et B), Niveau II et Niveau III. Ils ont présenté leurs projets et vision d’avenir en s’exprimant en swahili (traduction de l’instituteur Franco).

- Je suis Kambale Héritier. J’ai 11 ans, j’étudie au centre Children’s Voice qui m’a récupéré de la rue au Niveau IB. Mes deux parents sont morts. Ma mère s’appelait Kabuo Mbaindiabo. Je ne connais pas le nom de mon père. Je porte le nom de mon grand-père. Je vis chez mon grand frère Mumbere. À la fin de mes études je serai magistrat.

- Mon nom est Christian Sengi, j’ai 9 ans. J’étudie dans ce centre au niveau IA. Ma mère Espérance Kanyere et moi vivons chez ma grand-mère. Mon père a disparu quand j’étais bébé, sûrement qu’il est déjà mort. Après mes études je serai ingénieur et construirai des bâtiments dans ce centre pour héberger d’autres enfants.

- Je m’appelle Debora Sabuni, j’ai 9 ans. J’étudie dans ce centre au niveau IB. Mon père Miche Sabuni est mort. Je reste chez ma grande sœur. Ma mère vit à Kanyabayonga. Loin de moi. Dieu aidant, à la fin de mes études, je serai infirmière accoucheuse.

- Mon nom est Sikiliza Sebahunde, j’ai 11 ans. J’étudie dans ce centre au niveau II. Mon père Sebahunde est mort pendant la guerre en 1996. Je vis chez ma sœur avec ma mère Georgette Nyirabishimbo. À la fin de mes études, je serai une institutrice pour enseigner les enfants.

- Je suis Kanyere Divine, J’ai 13 ans. J’étudie au niveau III. Mon père Mumbere est mort. Ma mère Henriette Kavira et moi vivons chez mon oncle, son frère. À la fin de mes études, je serai coordinatrice de ce centre et servirai les enfants.

- Je m’appelle Safi Buhendwa, j’ai 6 ans. Je termine la maternelle. Mon père Buhendwa a abandonné ma mère depuis des années et nous n’avons aucune nouvelle de lui. Peut-être qu’il n’est plus. Je vis avec ma mère chez sa sœur. À la fin de me études, je serai un médecin pour soigner les enfants.

- Mon nom est Ezéchiel Malinjia. J’ai 6 ans, je termine la maternelle. Ma mère est morte, mon père s’appelle Bonane Malinjia. À la fin de mes études je serai Président de la République.

- Je m’appelle Patrick Muhindo. J’ai 13 ans et j’étudie au niveau III. Je vis avec ma mère Justine Masika. Mon père Kambale Misiwangwa est mort. Je ferai des études de mécanique et serai pilote d’avion.

- Je m’appelle Jean Bahati, j’ai 15 ans. J’étudie dans ce centre au niveau II. Mon père Nicodème est mort avec cinq de mes frères et sœurs pendant la guerre en 1996. Je vis avec ma mère Félicité Nabuke. Je suis heureux de quitter la rue et d’apprendre à lire et à écrire. Je veux terminer mes études, aider ma famille et mon pays. Je serai Gouverneur de la province.



La dignité humaine, le goût de la vie !


Le dégoût de la vie n’a aucun projet, il amène à la révolte, au suicide, à la délinquance. Aucun de ces enfants n’a souhaité retourner dans la rue. Tous veulent se mettre au travail. Construire leur vie comme cette pyramide d’acrobate qu’ils viennent de réaliser pendant leurs jeux. Chacun a un objectif qu’il veut atteindre : finir ses études, être utile à lui-même, à la société et à son pays.

Ces rêves pourront-ils se réaliser au moins en partie ? Puissent le gouvernement, les bienfaiteurs, les hommes et femmes de bonne volonté qui leur ont rendu l'espoir, les y aider.

10 août 2007

Deux enfants accusés de sorcellerie – Pour une fois, plainte des parents

C’est après la mort de Lydia, âgée de 15 mois, dans la nuit de ce vendredi 27 juillet 2007 que Birindwa, le père, se rend à 3 h 30 du matin au domicile de ses anciens voisins Pascal R. et Magendo M. Il les réveille et invite à venir prier leurs deux filles Évelyne et Pendo de 14 et 12 ans, toutes deux élèves en 5e et 3e dans une école primaire de Goma.

Au TeZeF/Birere dans le quartier Mapendo où il les conduit, les deux filles reçoivent des coups et des injures. Elles sont battues, traînées par terre et torturées au « Trois Z » (méthode qui consiste à placer des bâtons entre les doigts et à serrer très fort les bouts). Réveillée par les hurlements des deux enfants, la population se rassemble mais personne ne s’indigne du traitement infligé : au contraire la foule met se met à crier : « Brûlez les sorcières ».

Cinq litres d’essence sont apportés pour brûler vif les enfants. On cherche les parents des « sorcières » pour leur faire subir le même sort. Les familles ont peur et n’osent pas se montrer. Le père de l’une de victimes appelle des agents de la police en patrouille. Les secours arrivent au moment où le pire allait se produire.

Les deux fillettes sont sauvées et amenées à la Police Spéciale de la Protection de l’Enfance qui en informe immédiatement Children’s Voice.

Les parents décident de porter plainte contre M. Birindwa Mubembe pour violation de domicile, coups et blessures et calomnie. C’est un grand progrès. C’est la première fois que nous voyons des parents défendre les enfants et rejeter de telles accusations en criant tout haut : « Ma fille n’a jamais été sorcière ».

La police a donné quatre jours à Birindwa, le temps de faire son deuil et d’enterrer son bébé.

Son audition révèle qu’il avait été convaincu par des révélations du pasteur d’une petite église du quartier, qui déclara que le bébé avait été ensorcelé par Évelyne et Pendo en complicité avec leur copine Solange, une fillette de Bukavu vivant avec son oncle Biridwa. Le pasteur disait qu’il fallait les torturer pour qu’elles avouent et qu'elles ressuscitent la petite Lydia morte. Solange, qui avait reçu des menaces avant la mort du nourrisson, avait décidé de fuir une semaine avant et elle était rentrée à Bukavu.

La petite Lydia avait été soignée au Centre nutritionnel Caritas à Virunga et Carmel deux mois mais les parents avaient interrompu son traitement et elle présentait toujours des signes de malnutrition sévère.

Le mal en est que dans de nombreux cas, les malades ne vont pas à l’hôpital pour se faire examiner et soigner, mais donnent le temps à la maladie de s’aggraver en restant bornés sur « la sorcellerie ».

La population du quartier, qui avait déjà suivi des messages de sensibilisation de Children’s Voice contre ce genre d’accusation, à la radio Okapi de la Monuc (Mission des Nations Unies pour la Paix en RD Congo) et à la RTNC (Radio et Télévision Nationale Congolaise, promet de ne plus se laisser avoir par des faux pasteurs de petites églises et de suivre l’exemple des deux parents dans la défense de leurs enfants.

Pour mieux les sensibiliser, nous leur avons distribué des dépliants contre la torture des enfants accusés de sorcellerie.

Children’s Voice remercie vivement la police qui s’implique de plus en plus dans la protection des enfants, les parents et les journalistes Ebengo Musafiri de la RTNC ainsi que Denise Lukeso de Radio Okapi.

Children’s Voice,
Goma, 10 août 2007.


— Pour éviter de nouveles tragédies, merci de diffuser ce dépliant intitulé : Démystifions et luttons CONTRE LA TORTURE des enfants dits sorciers

07 août 2007

Création d'un centre pour enfants à Bujovu



Le centre Children’s Voice de BUJOVU sera inauguré cette semaine.
Il y a un an, le contingent indien de la Mission de la Paix en République Démocratique du Congo (MONUC) avait dû fermer une petite école qui avait été créée spontanément près de son camp, près de l’aéroport de Goma, pour accueillir 300 orphelins et autres enfants vulnérables venus de la rue. Nous avions fait connaître alors la remarquable histoire de l'initiative du major Rajput (cf. le lien ci-dessous).

Pour ne pas abandonner ces enfants, Children’s Voice avait reçu un terrain de la Municipalité de Goma.

Un bâtiment de 2 salles, un bureau et des latrines viennent d’être érigés grâce à l’appui financier de la MONUC, la construction étant réalisée par les casques bleus de la Brigade Indienne de la Monuc.

L’inauguration est prévue la semaine du 6 au 11 août 2007. Les enfants seront accueillis probablement dans un ou 2 mois.

Children's Voice remercie se félicite de cette réalisation et remercie vivement les autorités de la Ville de Goma et de la MONUC pour leur belle mobilisation. Le centre de Bujovu sera le second centre d'accueil pour les enfants vulnérables de Children's Voice avec celui du quartier de Virunga ouvert fin 2006.

Children’s Voice,
Goma, 30 juillet 2007.


— À l'origine de ce projet : La remarquable initiative du major Rajput

Children’s Voice, Goma, RDC - http://children-voice.org « Protéger l’enfant à tout prix »