30 avril 2007

Anne-Marie (11 ans) avoue être une sorcière !


Anne-Marie est-elle une sorcière ?

Sorcière ou pas cette enfant de 11 ans en a subi le sort



« Depuis 3 jours j’ai des rêves bizarres. Cette nuit encore un serpent m’est venu en songe. Et maintenant j’ai mal au ventre et j’ai la diarrhée. Et ce bébé de 1 mois qui pleure sans cesse ? Unmauvais esprit est dans cette maison ». C’est par ces mots de « Maman cheftaine », comme on l’appelle dans ce quartier populaire de Katindo-Carmel, qu’un matin du 1er avril 2007, Anne-Marie âgée de 11 ans est brutalement réveillée à l’aube, non seulement pour s’expliquer en tant que coupable mais pour obtenir la guérison de mauvais esprits.

Elle est d’abord battue puis torturée avec une cigarette allumée et des gouttes de plastique fondu sur la peau pour qu’elle accepte de parler.

— Où es-tu née ?
— Kigoma.
— Kigoma ? Il y a plein des sorciers ! Elle a atterri sur une vanne !


Dans la région certaines croyances disent que les sorcières ont le pouvoir de se déplacer la nuit sur un « lungo », sorte de vanne tissée en ficelle, pour aller jeter des mauvais sorts.

Children's Voice a pu recueillir l'enfant à temps grâce à l'intervention exemplaire de la police du quartier qui l'a sauvée d'une mort certaine.
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08 avril 2007

Joffrey a été rendu à sa famille

Joffrey a été retrouvé
Un cas difficile : récit
Remerciements (PDF, 72 Ko, 1 p.)




Joffrey a été récupéré et rendu à ses parents le vendredi 6 avril dans l’après-midi après un kidnapping de trois jours et trois nuits. Il avait été enlevé le mardi précédent à 16 heures.

Sa libération a été difficile. Ce fut une longue histoire, révélatrice des difficultés de la Justice et de la Police à faire respecter la loi, à empêcher les exactions et à poursuivre les malfaiteurs. Depuis que nous aidons les enfants enlevés, c’est la première fois que nous rencontrons une situation aussi délicate.

Le cas de cet enlèvement était particulier. L'identité du coupable était connue. Nous ignorons pourquoi mais la Police de la protection de l’enfance a refusé de s’engager et le Parquet a hésité. Nous avons appris que le ravisseur avait une réputation d’homme dangereux, de bandit armé capable de nuire. Le lendemain de l’enlèvement, le mercredi 4 avril, l’Auditorat militaire (Justice) a arrêté certains de ses proches, mais lui avait eu le temps de se cacher avec femme et enfants et la justice militaire a déclaré ne pas être en mesure pour le moment de mettre la main sur lui.

Le problème restait entier. L’action de la Justice avait tourné court. Difficile d’attraper le coupable. Apparemment personne ne veut s’y investir. Or l’enfant est en danger. Que faire ? La famille ne compte plus que sur Children’s Voice qui est impuissante.
Mais la Commission de la protection de l’enfance a décidé d'intervenir à son tour et le département de la protection de l’enfance de la Monuc nous a suggéré de diffuser un communiqué sur Radio Okapi. Nous avons donc fait passer des messages à la radio (sur Radio Okapi et à la RTNC) et dans des lieux publics, en demandant aux autorités et à la population de nous aider.

La seule stratégie qui nous restait était d’essayer d’entrer nous-même en contact avec le ravisseur, avec prudence bien sûr. Mais comment ? Par quel moyen ? Va-t-il accepter ? Notre seul objectif était de retrouver Joffrey, pour le reste, cela ne regardait que la Justice.

Jeudi matin, premier contact de Children’s Voice avec le ravisseur, par téléphone. Il est violent et tendu. Il menace de tuer l’enfant et de se tuer lui-même. Il exige son argent 2000 $ plus 800 $ d’intérêt. Informées, les autorités déclarent ne pas être en mesure de le localiser à partir de son numéro de téléphone : « nous ne sommes pas en Europe », nous dit-on.

Au cours des autres communications, il devient moins violent et accepte la négociation. Il faut absolument être diplomate. Il a entendu les messages à la radio et ses collaborateurs lui ont appris les arrestations de ses proches dont celle de sa vieille mère !

Nous avons alors demandé à la famille de l’enfant de trouver cet argent. Ce qu’elle fit. Le ravisseur exigea que nous déposions l’argent chez quelqu’un dont il nous remet le numéro de téléphone. Aussitôt dit, aussitôt fait. Il désigne l’oncle de Joffrey, Henri, qui a représenté la famille dans nos démarches, pour aller seul chercher l’enfant. Henri prend la route vers Sake, une commune à 27 km de Goma.

C’est une jeep sans plaque d’immatriculation, semblable à celle des FARDC (Force de l’armée de la République Démocratique du Congo) avec huit militaires à bord (ou portant des uniformes militaires) qui a déposé Joffrey sur la route à quelques mètres de lui, avant de continuer son chemin. Il était 13h40.

Nous attendions à la sortie de la ville : nous avons recueilli un enfant déprimé, traumatisé, qui ne répondait à aucune question.

En rentrant, nous nous sommes rendus à l’Auditorat militaire pour raconter dans quelles circonstances nous l’avions récupéré, au cas ou d’autres actions seraient entreprises, puis nous avons remis Joffrey à sa maman en larmes. Moment émouvant. C’est quelque temps après que l’enfant raconta avec peine à sa mère avoir été emmené dans une maison gardée par des hommes en uniforme militaire et armés, sans trop savoir où.




*** Un contexte très délicat ***


Nous travaillons dans une situation difficile où le fonctionnement de la justice n’est pas encore suffisamment assuré ; où la violence est au plus haut degré ; où la vie et les droits humains ne comptent pas. C’est comme dans une jungle où le plus fort croit pouvoir faire ce qu’il veut sur le moins fort. Et ainsi, on continue de voler, de violer et de tuer.

Un autre récit révélateur : nous avons appris l’enlèvement dans le quartier Himbi d’un certain Emmanuel, il y a environs trois semaines. Ses ravisseurs lui ont bandé les yeux et amené dans un endroit qu’il ignore. Deux semaines après ils l’ont libéré et déposé près de l’Hôtel Karibu, à proximité de la ville. Ses ravisseurs lui avaient expliqué qu’ils étaient endettés. Ils ont exigé de lui qu’il vende sa maison pour payer leurs dettes et l’ont menacé de mort s’il allait porter l’affaire en justice.

Nous croyons qu’il faudrait certainement dénoncer ces injustices pour aider à redresser le pays. Mais comment faire et auprès de qui ? On voit dans l’histoire de Joffrey que pour défendre les intérêts de la population, pour une protection de l’enfance efficace, il faut que les associations, les ONG, les commissions, etc. soient fortes, nombreuses et organisées. La solidarité et la popularité sont une aide précieuse et ceci est la même chose dans la plupart des pays, même développés.

Malgré les dysfonctionnements, leurs difficultés et leur manque de moyens, la collaboration de toutes les autorités est indispensable et précieuse. Nous sommes heureux de sauver des enfants, mais finalement, c’est surtout à leurs résultats que seront jugés la crédibilité et l’avenir de la RDC.

Déjà ce matin un autre enfant, âgé de deux mois, a été enlevé. Et nous sommes retournées à la Police pour lui demander d’intervenir.

Children’s Voice,
Goma, 08/04/2007

Remerciements (Communiqué PDF, 72 Ko, 1 p.)
L'alerte diffusée le lendemain de l'enlèvement

04 avril 2007

Alerte : Joffrey, 5 ans, enlevé à Goma

ALERTE – KIDNAPPING



Un enfant de 5 ans vient d’être enlevé suite à une dette de 2 000 USD contractée par son père.

Joffrey a été kidnappé depuis hier vers 16 heures sur l’avenue Présidentielle dans le quartier Himbi à Goma, pour une dette dont l’échéance serait le 27/4/2007.



Joffrey, 5 ans, enlevé le 3 avril 2007 à Goma (RDC)



Les ravisseurs sont connus : il s'agit de R. K. et de sa femme. Ils ont enlevé cet enfant pour contraindre la famille à rembourser sa dette. Pourtant le papa endetté est en prison à Munzenze depuis deux semaines.

Children’s Voice dénonce et condamne cette pratique inhumaine et inadmissible et demande aux ravisseurs de rendre cet enfant à sa mère, immédiatement et sans condition. Le petit garçon serait maladif et aurait une santé fragile.

Nous demandons aux autorités et à toute personne de bonne volonté de venir en aide à cet enfant.

Children’s Voice,
Goma, 04/04/2007


Épilogue : Comment l'enfant a été rendu trois jours plus tard
Remerciements (Communiqué PDF, 72 Ko, 1 p.)

Children’s Voice, Goma, RDC - http://children-voice.org « Protéger l’enfant à tout prix »