09 décembre 2006

La fête des droits de l'Enfant

Avec les enfants du Centre-refuge
Journée du 9 décembre 2006



Aujourd'hui, nous avons pu célébrer avec les enfants du centre le 17e anniversaire de la Convention relative aux droits de l'Enfant. À cette occasion, nous avons invité tous nos bienfaiteurs et partenaires.

Chaque année, pour commémorer l’anniversaire de la Convention relative aux Droits de l’Enfant, Children’s Voice réalise des activités de sensibilisation communautaire sur les droits des enfants (D.E.). Cette année le thème choisi était : « Le droit d’être écouté ». Écouter un enfant lui épargne la violence.

L’année 2006 a été marquée par des conférences et des manifestations sur « l’enfant et la non-violence » dans les quartiers pauvres de la ville de Goma où on constate la multiplication des actes de maltraitance et où les D.E. ne sont pas connus. Ces actions ont été financées conjointement par l’Unicef et Children’s Voice avec la collaboration de la Division des Affaires Sociales et des autorités administratives et religieuses.

Des femmes, des hommes, des jeunes des quartiers Katoyi, Keshero et Virunga ont été nombreux à participer. À Virunga, notre action s’est déroulée en deux temps :
  • Une conférence a réuni dans la salle du nouveau Centre-refuge de Children’s Voice, les autorités de base (chefs de quartier), les familles d’accueil et les parents d’origine des enfants encadrés par ce centre.
  • Une journée des Droits de l’Enfant, report de la journée internationale du 20 novembre, a été commémorée le 9 décembre 2006 par les enfants du centre.





Les messages des enfants

« Haki ya kusoma (J’ai droit à l’Éducation) »
« Haki ya kukingwa (J’ai le droit d’être protégé) »
« Haki ya Matunzo (J’ai droit à la santé) »
« Haki ya kuishi (J’ai le droit de vivre) »
« Haki ya jamaa (J’ai droit à une famille) »
« Haki ya kula vizuri (…à une alimentation saine et nutritive) »
« Haki ya kucheza (J’ai le droit de jouer) »
« Haki ya kusikilizwa (J’ai le droit d’être écouté) »
« Haki ya kuwa sawa na wengine (J’ai droit à l’égalité) »
« Haki ya neno (J’ai droit à la parole) »

Tels étaient les messages en swahili inscrits sur les panneaux et sur les chapeaux de papier portés par les enfants.



Mot de circonstance de Children’s Voice

Monsieur le Représentant du Gouverneur empêché,
Monsieur le Représentant du Bourgmestre de la Commune,
Mesdames et Messieurs les chefs de quartier,
Monsieur le Commandant de la Monuc - Brigade Indienne,
Monsieur le Commandant de la Monuc - Contingent de l’Armée Sud Africaine,
Chers Bienfaiteurs,
Chers parents et responsables,
Chers enfants,
Distingués Invités,
Mesdames et Messieurs,


Children’s Voice tient à remercier vivement l’Unicef pour son concours à l’organisation de cette journée qui permet à ces enfants de commémorer le 17e anniversaire de la Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant. Nous vous remercions vous tous qui avez accepté d’abandonner vos multiples occupations pour venir honorer ces enfants de votre présence.

Ces 320 enfants qui vous accueillent aujourd’hui sont âgés de 4 à 16 ans et ce sont en majorité des filles. Issus des quartiers pauvres et sinistrés par l’éruption volcanique du 17 janvier 2002, ils ont vécu de grandes violences qui les ont rendus tristes, violents et malheureux.

Parmi ces enfants, il y a ceux, surtout les filles, qui ont été torturés, marginalisés et accusés de sorcellerie ; il y a des orphelins abandonnés à eux-mêmes ; des enfants rescapés et déplacés de Masisi, Walikale, Beni, Lubero, Rutshuru, traumatisés par le spectacle du massacre de leurs parents et frères tués dans les guerres et conflits armés ; des enfants nés des violences sexuelles subies par leurs mères et qui ne connaissent pas leurs pères ; des enfants de filles mères qui les ont abandonnés ; des enfants victimes de la séparation des ménages ; des enfants qui ont vécu dans les rues et connu la violence ; des enfants qui sont passés par les cachots et la prison.

Tel est le portrait des enfants de ce centre que nous appelons Centre-refuge.
Devant tant de malheurs, vous pouvez comprendre pourquoi Children’s Voice ne pouvait attendre la fin du chantier de construction des bâtiments pour leur venir en aide.

Si tous ces enfants ont une famille, d’origine ou d’accueil, passer la journée ici leur épargne souvent des violences de toutes sortes et leur évite le vagabondage. Ce centre leur offre un environnement protecteur, un cadre socialement favorable et un milieu d’épanouissement. Ils chantent et jouent ensemble, apprennent à lire et à écrire et reçoivent une éducation de base. L’apprentissage de métiers, le jeu, l’hébergement des enfants en attente d’être réinsérés dans une famille d’accueil ou d’origine et une assistance psychosociale sont prévus dans les jours à venir.

Permettez-nous de remercier du fond du cœur :

  • Monseigneur l’Évêque de Goma qui a donné ce terrain pour l’amour dû à ces enfants,
  • Son Excellence Monsieur le Gouverneur de la province du Nord-Kivu,
  • Les habitants de Goma qui ont contribué en don de sacs de ciment, de camions de sable et de pierre, et plus spécialement à :
      • Mme Bercky des Éts Binza,
      • Honorable Alphonse Kasole,
      • Fiat Félin de Supermatch,
      • Vanny Bisheka de l’hôtel Ihusi,
      • Mode Makabuza de Jambo Safari
      • Akili de la quincaillerie Beau Marché,
      • Jean-Pierre Bishweka,
      • Lambert de Wimbi Dira,
      • Léon Mbafumoja,
      • Kakesa de la quincaillerie Grâce à la Gloire,
      • Patient de la quincaillerie La Joie,
      • Etienne Bisheka,
      • Adrien de la quincaillerie Atlas,
      • Abbé Oswald de Caritas,
      • Lorrain Kitumaini,
      • Mwami de Munigi ;

  • La Force de la Monuc et la Brigade Indienne pour des m3 d’eau, du sable et de pierre de construction ;
  • Le Contingent Sud-Africain de la Monuc pour avoir, à l’aide de bulldozer, nivelé ce terrain en cassant les collines de lave et bouchant les ravins, et donné des camions de sable et de terre ;
  • M. Jeff Bayingana qui fournit de l’eau à boire à ces enfants depuis le premier jour jusqu’à présent ;
  • Bruno Quattrone, journaliste français ;
  • Les membres de l’Association française Janusz Korczak à Paris ;
  • Et tant d’autres qui nous ont soutenus.


Chers Invités, ces enfants ne sont qu’un petit échantillon de tous les enfants victimes de toutes sortes d’abus. Pourtant comme tous les enfants du monde, ils ont droit à l’éducation, à la vie, à la famille, à la protection, à la dignité, à l’épanouissement, aux jeux, à l’expression…

Il n’y a que deux mois et demi qu’ils sont ici. Les voir souriants, chantants, contents, est une source d’espoir et nous rappelle qu’ils sont des enfants comme les autres.

Merci du fond du cœur de leur avoir témoigné votre soutien en venant jusqu’ici.

Il est possible que leurs spectacles et leurs discours n’aient pas trop d’importance pour vous, et d’ailleurs, ils ne connaissent pas encore le français. Ils communiqueront à leur manière. Ce qui compte c’est que pour la première fois, ils vont pouvoir s’exprimer en public, se sentir digne, recevoir votre considération et à travers tout cela, reprendre goût à la vie.

Ce sera pour eux une nouvelle et mémorable expérience qui leur montrera que la vie n’est pas toujours limitée à la violence qu’ils ont vécue, mais qu’elle permet aussi de chanter, danser, de rire, de se faire entendre… Bonne journée avec nos enfants !



Le programme des activités
La journée a été égayée par des chants, des sketches, des poèmes, des mots des enfants et des danses.
  • Chants : par les chants les enfants ont montré la joie de s’exprimer, d’accueillir les visiteurs, d’avoir une considération malgré leur passé.
  • Sketches
      • « Je viens de la rue »
      • « Chassé pas les parents, il retourne à la maison »
      • « Je connais mes droits »
      • Etc.
  • Poèmes
  • Mot d’enfants
  • Danses : danse hunde, danse kinyarwanda, danse nande, danse mayombe, danse pygmée, musique congolaise.
  • Cocktail

Partager ensuite un repas ensemble a donné une grande importance à la manifestation, d’autant que nombreux sont ceux qui parmi eux n’ont pas assez à manger. Pour ces enfants, c’était une journée historique.

Children’s Voice,
Goma, janvier 2007.


En savoir plus sur le projet du Centre-refuge
L'ouverture du Centre-refuge en octobre 2006
Le don du terrain en janvier 2006
— Le plan provisoire [PDF 35 Ko, 1 p.]
— Imprimer l'article [PDF 173 Ko, 4 p., 2 photos]

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