13 avril 2006

La souffrance des enfants des rues à Goma

Une jeep militaire au milieu d'un attroupement hostile, trois enfants assis à l'arrière recevant des coups des soldats qui viennent de les arrêter, encouragés par la population. Des enfants de la rue viennent d'être accusés d'avoir volé. Il est fort possible qu'ils aient volés mais ce sont des enfants, or les soldats les frappent et veulent maintenant les emmener pour les faire parler…

L'intervention inopinée de la représentante de Children's Voice qui a surppris cette scène en se rendant à son travail les sauvera de justesse. Ils se confieront ensuite à elle. [Suite dans le document ci-dessous].

— Lire le compte rendu détaillé de Christine Musaidizi
[PDF 87 Ko, 3 p., 1 photo]

Children's Voice,
Goma, 14 avril 2006.

2 commentaires:

AFJK a dit…

AFJK - Le sinistre tableau que nous révèle cette scène de rue et le succès malgré tout de son dénouement sont riches d'enseignements. Malgré l’impressionnante agressivité de la population à l’égard des enfants des rues, réduits à voler pour survivre, le récit de notre correspondante montre que la protection de l’enfant est prise au sérieux et qu’elle est un souci des autorités. Renseignements pris, le maire de la ville que tente de joindre notre héroïne est Monsieur Polydore WUNDI KWAVIRWA. Il est important de savoir que s'il avait été présent à son bureau à cette heure très matinale (7 h 50), son intervention aurait suffi à faire respecter les procédures légales de protection des mineurs en danger, qu'ils soient coupables ou non. De même, c’est un chef militaire, le général Gabriel AMISI, dont on sait qu'il a donné des instructions à ses hommes, qui fait aussitôt ramener les enfants à la Police. Sur le terrain, le macaron présenté est respecté ; un dialogue constructif a finalement été possible avec le commandant de ces soldats, et enfin les policiers ont remis sans aucune difficulté les enfants à l’association. Tout ceci mérite le respect.

On se réjouit de l’implication personnelle de ces hommes de bonne volonté dont la compréhension et l’attitude sauvegardent la dignité et l'honneur de leur cité et de leur pays : Goma, ville pauvre, sinistrée par une éruption volcanique en 2002 ; la RDC, pays qui a longtemps souffert de la guerre, de l'injustice, de l'impunité, de la corruption, des mauvaises croyances et des violences répétées de multiples groupes armés. Ce beau récit — magifiquement écrit — est une leçon d'humanité dans un contexte de tension extrême où la vie, la mort ou la torture sont présentes à tous les espérits. Il nous permet de bien mesurer les difficultés à faire évoluer durablement les mentalités, les limites et les risques de l’action des militants des droits humains, et l’immense détresse de ces enfants abandonnés et livrés à eux-mêmes depuis tant d’années.

Pour développer la politique de protection de l’enfance indispensable à la sauvegarde de tous ces enfants — et à travers eux à la sécurité et l’avenir de la nouvelle RDC —, il est évident que les autorités ont le plus grand besoin d’une assistance importante et durable qui doit aller de pair avec les efforts locaux et internationaux pour reconstruire la paix dans cette région troublée. Nous exhortons les plus hautes autorités morales et politiques, l'ONU et les ONG, parfaitement informées de la situation, à accroître encore leurs efforts. Il faut construire des orphelinats, les équiper, former des éducateurs, scolariser tous les enfants, etc. Dans le cas des enfants de la rue recueillis ce jour-là, Children's Voice ne dispose même pas encore d’un refuge pour les accueillir. La construction du mur d’enceinte de son terrain, reçu en don, à cette fin, de l’Évêque de Goma qui mérite d'être cité ici, Monseigneur Faustin NGABU, le 30 janvier dernier (voir ci-dessous), n’est pas encore achevée… Il y a une vraie urgence à Goma à construire et à multiplier ces refuges, et à soutenir l'action de Children's Voice qui est une vraie chance pour la ville et qui en fera sa fierté.

AFJK a dit…

Pour développer la politique de protection de l’enfance indispensable à la sauvegarde de tous ces enfants — et à travers eux à la sécurité et l’avenir de la nouvelle RDC —, il est évident que les autorités ont le plus grand besoin d’une assistance importante et durable qui doit aller de pair avec les efforts locaux et internationaux pour reconstruire la paix dans cette région troublée.

Nous exhortons les plus hautes autorités morales et politiques, l'ONU et les ONG, parfaitement informées de la situation, à accroître encore leurs efforts. Il faut construire des orphelinats, les équiper, former des éducateurs, scolariser tous les enfants, etc. Dans le cas des enfants de la rue recueillis ce jour-là, Children's Voice ne dispose même pas encore d’un refuge pour les accueillir. La construction du mur d’enceinte de son terrain, reçu en don, à cette fin, de l’Évêque de Goma qui mérite d'être cité ici, Monseigneur Faustin NGABU, le 30 janvier dernier (voir ci-dessous), n’est pas encore achevée…

Il y a une vraie urgence à Goma à construire et à multiplier ces refuges, et à soutenir l'action de Children's Voice qui est une vraie chance pour la ville et qui en fera sa fierté.


Children’s Voice, Goma, RDC - http://children-voice.org « Protéger l’enfant à tout prix »