06 mars 2006

Tous les enfants congolais n’ont pas droit à l’éducation

En RDC, l’école est payante : chacun doit payer les frais de scolarité qui couvrent aussi bien le matériel scolaire que le salaire des enseignants. Le droit des enfants congolais à l’éducation n’est pas respecté. Par Christine Musaidizi.


L’éducation est un droit inaliénable pour tous les enfants sans distinction sociale.
Pourtant ce droit est reste méconnu, négligé et bafoué en pratique. C’est le cas en République Démocratique du Congo où tous les enfants n’ont pas accès à l’école. Avec la prise en charge des frais d’enseignement par les parents, l’année scolaire est interrompue par les exclusions pour les enfants en retard de paiement. Or il y a encore tant de parents si pauvres qu’ils sont incapables d’assurer la scolarisation de leurs enfants.

Les enfants de la photo ci-dessous sont de Bujovu, un quartier très pauvre de la ville de Goma. Il sont en majorité orphelins ou simplement enfants de familles pauvres, mais tous ne vont pas à l’école faute de payer le salaire des enseignants.




Ils passaient la journée à mendier dans les rues. Ils s'agglutinaient autour du camp du contingent de la Mission de la Paix, la MONUC, pour demander un morceau de pain et pour fouiller les poubelles à la recherche des restes de nourriture et les manger dans la saleté. Un commandant du camp, le Major RAJPUT, a été touché par la situation de ces enfants sales et mal habillés traînant dans la rue, mangeant dans les poubelles tout ce qu’ils ramassaient à des heures ou les autres enfants sont à l’école.

Il a eu l’idée géniale de les rassembler dans une petite tente pour leur apprendre à se laver les mains avant de manger, à bien jouer ensemble avec tolérance et avec un peu de discipline. À midi, il pouvaient recevoir un peu de la nourriture préparée pour eux par les militaires et distribuée aux enfants.
« Qu’ils mangent avec dignité. Ce sont des enfants et non des sauvages pour manger dans les poubelles ».

Les enfants apprenaient oralement car ils n’avaient ni cahiers, ni stylos. Ils étaient 300, âgés de 4 à 14 ans.



Sur cette seconde photo, on voit l'équipe de Children’s Voice qui avait été appelée pour leur distribuer des cahiers, pour leur donner la possibilité d’apprendre à lire et à écrire. Il fallait avoir des sacs en plastique pour protéger leur petit matériel contre la pluie et la saleté. Ils nous avaient été offerts par la compagnie de communication SUPERCELL.

À la fin de sa mission, le Major Rajput a confié ces enfants à Children’s Voice car l’endroit libéré par le camp n’était pas un milieu approprié pour y maintenir une simple tente, une fois la MONUC partie. Nous sommes heureuses d'apprendre que le Maire de la ville, Monsieur Pollydore Wundi Kwavirwa, a offert de donner à Children’s Voice un petit terrain de 25 m sur 40 m, de quoi permettre d’ériger trois petites classes pour ces enfants.
Children's Voice,
Goma, 6 mars 2006.


[Addenda]
En plus de l'école de Bujovu, les militaires de la MONUC ont créé trois autres petites écoles, à qui Children’s Voice a remis des kits scolaires :
  • à Goma en 2 endroits : Indian Brigade school (300 enfants) et Indian House school (12 enfants)
  • à Rutshuru, à 72 km de Goma : School of Learning and Peace (150 enfants)
  • à Kanyabayonga, à 150 km de Goma : Koffi Annan Model school (134 enfants).

— Un an plus tard : Une suite heureuse à Bujovu !
— Imprimer l'article [PDF 103 Ko, 2 p., 1 photo]

Children’s Voice, Goma, RDC - http://children-voice.org « Protéger l’enfant à tout prix »