23 juillet 2013

A Goma, célébration de « Mandela Day » avec des enfants déplacés de guerre !


Le 18 juillet 2013, l’Humanité a célébré la Journée Internationale Nelson Mandela. Durant cette journée, chaque citoyen du monde a été appelé à consacrer symboliquement soixante-sept minutes de son temps à une œuvre au service de la collectivité, en mémoire des soixante-sept années que Mandela a mises au service de la paix, pour le triomphe de la liberté, de la justice et de la démocratie.
 
A Goma, ville située à l’est de la République Démocratique du Congo, des femmes et des hommes de Children’s Voice, ont effectué une visite de charité et de soutien aux enfants déplacés de guerre qui ont fui des combats violents dans le territoire de Nyiragongo (Kibati, Kanyaruchinya, Mutaho, Muja, etc) à une dizaines de kilomètres de Goma.
 Les enfants ont joué, dansé et chanté avec l’équipe de Children’s Voice dans une ambiance très détendue. L’un après l’autre ou par sous-groupes, ils entonnaient des chants, sautillaient, criaient de joie. A la fin de la petite cérémonie, des matériels de sport dont des ballons, sifflets, cordes à sauter, des jouets, des savons et des biscuits leur ont été remis.  En sautant, les enfants criaient : « vive Mandela Day ».


Marquée par ce geste, Chantal Ndimubanzi, âgée de 12 ans, n’a pas caché sa satisfaction : « Nous les enfants de Kibati, nous remercions Children’s Voice pour tout ce qu’il fait pour nous. Nous étions entrain d’étudier gratuitement à Kibati au centre Children’s Voice, puis, quand nous avons fui la guerre, il nous a accueillis dans son centre de Virunga où nous avons achevé l’année scolaire sans payer des frais scolaires. Aujourd’hui encore, les gens de Children’s Voice nous animent, nous font jouer et danser, nous donnent des ballons et des biscuits. Tout ça c’est beaucoup pour nous, ça nous fait oublier la guerre que nous avons vécue et cette mauvaise situation des déplacés ! Nous sommes vraiment contents. »
A son tour, madame Pélagie, enseignante, déplacée de guerre, ajoute : « Malgré notre état de déplacés de guerre, Children’s Voice ne nous a pas abandonnés. Cette action en est d’ailleurs la preuve. Nous continuons à faire le suivi des enfants et à les encadrer pendant ce moment de grandes vacances, dans l’espoir que la guerre prendra fin et que nous regagnerons nos villages et nos champs. Ici nous n’avons rien tous nos biens sont restés là-bas ».

Sur une banderole, un message interpellateur résume cette action : « A L’EXEMPLE DE MANDELA, DONNONS UN PEU DE NOTRE TEMPS AUX ENFANTS VULNERABLES, EN PARTICULIER CEUX DU TERRITOIRE DE NYIRAGONGO, EN SITUATION DE GUERRE. »

Goma, le 18 juillet 2013
Jeannot KASSA

10 juillet 2013

RDC: Accusation de sorcellerie, une autre forme de violence faite à l’égard des filles et femmes à l’est de la RDC !



Prise en charge scolaire au centre
 Children's Voice Bujovu
Une lutte sans merci est menée depuis des années  pour protéger des enfants et des femmes accusés de sorcellerie dans la province du Nord Kivu.

Torturés, terrorisés et même tués, ces enfants et jeunes sont accueillis aux centres Children’s Voice dans un cadre protecteur où ils reçoivent un appui psychosocial et médical. Les plus jeunes ont une prise en charge scolaire et les plus grands ont une formation en différents métiers.
Des filles en atelier de couture au centre
 Children's Voice Virunga
Des séances de sensibilisation et de formation des leaders communautaires et responsables des églises sont régulièrement organisées. Des comités de suivi et de protection ont été mis en place pour dénoncer et appeler au secours de la police spéciale de protection de l’enfant. Un accompagnement et un suivi régulier sont assurés par Children’s Voice.
Parmi les victimes des accusations de sorcellerie, 98% sont des filles, des femmes pauvres et des vieilles femmes qui sont touchées par ce phénomène. Pour les enfants ce sont plus des orphelins, enfants issus des familles très pauvres, des enfants de la rue, des enfants abandonnés, de petites filles ramenées du village pour des travaux de ménage ou des baby-sitters.
Nous avons voulu savoir pour quelles raisons des femmes sont accusées et pas des hommes ! Quelques points de vue ont été recueillis auprès des hommes dans la ville de Goma:
-  Jacques : c’est une mentalité encrée dans la philosophie de base qui dit que le malheur ne peut venir que de la femme !
-  Safari : On parle plus de sorcière et non de sorcier ! L’homme est plutôt appelé « mufumu » dans le sens de guérisseur, de protecteur du mal, de prédicateur.
-  Boniface : la femme est facilement assimilable aux mauvais esprits ! C’est ça la tradition !
-  Yves : Selon l’ancienne tradition, la femme est l’origine du malheur ! Dans le barza où sont réunis des vieux du village, il ne faut pas qu’une femme y entre ! Elle ne doit pas écouter la conversation des hommes ! Elle parle beaucoup, elle est indiscrète, elle n’a rien d’enrichissant dans sa façon de voir, voilà !
Sensibilisation des leaders communautaires
-  Jean Louis : Une femme qui perd son mari pour la 2ème fois, est porteuse de malheur, sorcière et elle aura du mal à avoir un autre mari ! Tandis qu’un homme n’a pas de problème même veuf pour la 5ème fois. Il aura d’autres épouses. On dit seulement qu’il n’a pas de chance !
-  Charles : Dans la région ici il y a un clan dit « de porte malheur ». On nous a appris qu’il faut faire attention et ne pas épouser filles de ce clan. Pourtant leurs garçons n’ont pas de problème. Ils peuvent épouser les filles des autres clans comme si le malheur de ce clan n’est que sur les filles !
-  Jean : C’est carrément une façon d’écarter la femme, de l’exclure de la gestion et de la prise de décision. Une sorte de mépris et de violence à l’égard de la femme.

Un documentaire a été réalisé par l’Unicef sur Josiane, une fille accusée de sorcellerie. Cliquez sur ce lien pour y accéder :

http://www.unicef.org/infobycountry/drcongo_69736.html

Comme dit Josine dans ce documentaire et grâce aux efforts de cette organisation qui l’a accueillie, il y a lieu de garder espoir pour un avenir meilleur pour elle et pour les filles et femmes de la région. Le combat est encore longue pour faire changer de mentalité de la société.

Juin 2013
Christine Musaidizi

09 juillet 2013

Est de la RDC : Militaires et policiers sensibilisés pour un changement de comportement vis à vis de viol sexuel!


Depuis novembre 2012, Children’s Voice organise et appuie des activités de sensibilisation et de mobilisation des militaires et policiers dans quatre provinces de l’est de la RDC : province Orientale, province du Nord-Kivu, province du Sud-Kivu et province du Maniema.
Militaires et policiers manifestent contre
le viol aux femmes dans l'Ituri

Des formations des formateurs (TOT), des séances de sensibilisation, des forums de discussion sur des thèmes bien choisis, des séances de causeries des couples, une nouvelle stratégie d’implication et d’engagement au changement de comportement des éléments des FARDC et PNC sur les questions des droits humains et des violences sexuelles et basées sur le genre. (FARDC = Forces Armées de la République et PNC = Police Nationale Congolaise).
Un chef militaire fait restitution de la  
formationà ses troupes a Shabunda

Plusieurs accusations, dont un rapport de l’ONU, ont été portées contre des militaires et policiers pour des cas de viol sur des femmes à l’est de la République Démocratique du Congo.
Children’s Voice a mené des actions, dans son programme de sensibilisation et mobilisation et ainsi les a approchés et invités à s’investir au changement de comportement en vulgarisant les textes juridiques nationaux et internationaux à ce sujet. Le plaidoyer pour l'implication des commandants des troupes a porté des fruits.

Parmi les résultats de activités de novembre 2012 à juin 2013:
· 180 militaires et policiers formés en TOT (training of trainers)
· 60 forums de discussion des militaires et policiers avec 831 personnes dont 751 hommes et 80 femmes ;
· 4 forums de discussion hétérogènes des militaires et policiers d’un côté, et des civils de l’autres côté avec 381 personnes : 50 hommes militaires et policiers et 6 policières, 206 hommes civils et 119 femmes civils
· 25 séances de causeries des couples des miliaires et policiers avec 375 couples ;
· 47 plaidoyers auprès des autorités militaires et policières;
· 22 autorités militaires et policières qui se sont engagées et impliquées ;
· 1830 exemplaires de la loi sur les violences sexuelles distribués;

Des chefs et des commandants des troupes font actuellement appel aux agents mobilisateurs pour sensibiliser leurs troupes le matin au rassemblement et de leur distribuer la loi sur les violences sexuelles.
Formation de couples modeles des
 militaires a Mutwanga/Beni
C’est dans le cadre du projet « Ushindi »-Vaincre les violences basées sur le genre financé par l’USAID et exécuté par un consortium de 7 ONGs : Children’s Voice, Care, Save the Children, ABA, IMA, Heal Africa, Panzi Fondation et PPSSP.

La tâche est encore longue mais vu l’acceptation du projet et l’implication des militaires et policiers, il est possible que le niveau de viol à l’est de la RDC soit réduit.
Mai 2013
Christine Musaidizi
Children’s Voice


Children’s Voice, Goma, RDC - http://children-voice.org « Protéger l’enfant à tout prix »